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Livre XVII. Indes occidentales.
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POPULATION CUBAINE, CRÉOLES ET PÉNINSULAIRES.

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ventilées des baies pénétrant au loin dans l’intérieur du littoral, ques’étendent les campagnes les plus fiévreuses, souvent cachées par le brouil-lard, ie'« drap mortuaire des savanes ». Malgré ses bas-fonds, ses marais,ses terres noyées, les palétuviers de ses rivages, l’ile des Pins est tenuepour beaucoup plus saine que la grande Antille dont elle est la dépen-dance : les épidémies n’y ont jamais sévi, sans doute grâce aux vents alizésqui soufflent constamment et emportent les exhalaisons du sol; d’ailleursla ' on insulaire est encore trop faible pour que les villages soientdevenus des foyers d’infection. Chaque année, des Cubains et des Améri-cains du Nord passent la saison d’été dans celte île

En dépit de la « doctrine de Monroe » et du principe souvent proclamé,« l’Amérique aux Américains ! » l’ile de Cuba appartient encore aux des-cendants de ses conquérants espagnols, quoique toutes les anciennes colo-nies de la Terre-Ferme et même une possession insulaire soient devenuesindépendantes. Cependant Cuba fut souvent menacée par les pirates anglais et français , et l’on montre encore des fortins, appelés dans le langagepopulaire, à tort ou à raison, « tours des Boucaniers ». Deux fois la Havanefut occupée par les forces britanniques, mais les Cubains se défendirenttoujours avec vaillance contre les étrangers, et c’est au commencement dece siècle seulement, après la guerre d’indépendance américaine, les révo-lutions de France et de Saint-Domingue, et l’invasion de l’Espagne par lesarmées françaises , que des symptômes d’insurrection se manifestèrentparmi les créoles de Cuba contre les Espagnols. De même qu’au Mexique ,les « Péninsulaires », proportionnellement beaucoup plus nombreux àCuba , tenaient les créoles en mépris et ne leur laissaient aucune part dansl’administration. Ceux-ci se vengeaient par des caricatures et des libelles:ils désignaient les Espagnols sous le nom de Godos ou « Gotlis », synonymede barbares, encore plongés dans les superstitions des temps anciens. Lahaine de caste avait fini même par séparer les femmes : tandis que lesgodas gardaient leur chevelure, les Cubaines la coupaient, d’où le nomde pelonas, ou « pelées » que leur donnaient les Espagnols . Soixante ansplus tard, une autre mode prévalut chez les femmes créoles du parti del’indépendance, celle de porter les cheveux épars’.

Malgré le mécontentement des créoles cubains, aucune insurrectionn’éclata, et même les blancs des deux castes se réconcilièrent soudain en

1 Justo Zaragoza , Las Insurrecciones en Cuba.