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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
1812, quand on apprit que les nègres du district oriental s’étaient soulevésprès de Holguin et de Bayamo : les planteurs de Puerto-Principe , à la tètedes esclaves fidèles, firent des battues contre les nègres marrons, les cernè-rent dans les forêts et les massacrèrent; le chef, Aponie, fut réservé pourla pendaison avec huit de ses camarades. L’esclavage, c’est-à-dire la com-plicité forcée des Espagnols et des créoles dans les crimes de la traite etde l’exploitation des noirs, était le lien qui rattachait l’« île toujoursfidèle » à la mère patrie. Mais de grands changements politiques et sociauxmodifièrent peu à peu ^ e du Nouveau Monde : en 1819, les posses-sions espagnoles des Florides, le long du golfe Mexicain , furent remises auxEtats-Unis, puis les diverses provinces de la Terre-Ferme, dans l’AmériqueCentrale et dans l’Amérique du Sud , se constituèrent en républiques indé-pendantes, après de sanglants conflits auxquels de nombreux volontairescubains avaient pris part. La traite avait été interdite, puis l’esclavage abolidans les colonies anglaises, et plus tard dans les îles françaises, et cependantla situation restait toujours la même à Cuba . Le gouvernement de la métro-pole avait accordé aux insulaires le droit de se faire représenter dans lesCortès, puis le leur avait repris; les Cubains vivaient en réalité sous lerégime de l’état de siège et le capitaine général était toujours investi desmêmes pouvoirs que le commandant d’une place assiégée. Mais ce dicta-teur absolu ne l’était qu’en apparence : il se trouvait en réalité comme unsimple instrument, dans la main d’un pouvoir occulte, le « Casino espa-gnol », c’est-à-dire l’association des grands propriétaires d’esclaves. Parla force que lui donnaient ses richesses, ce comité pouvait sans peine faireédicter des lois qui lui convenaient et violer celles qui le gênaient, acheterles gouverneurs complaisants et briser ceux qui lui étaient hostiles. LeCasino , d’autant plus redoutable dans son autorité qu’il était irresponsableet sans nom, n’avait en vue que le maintien de la traite et de l’esclavage.
Aussi la première insurrection qui se produisit pendant la période révo-lutionnaire du milieu de ce siècle n’avait-elle point pour but d’abolirla servitude : au contraire, elle devait annexer Cuba , l’« Etoile solitaire »
(Lone Star), aux autres « étoiles » américaines, et ajouter un demi-milliond’esclaves et le groupe puissant des planteurs cubains à l’empire poli-tique des Etats du Sud. Le gouvernement de Washington , alors dominépar le parti des esclavagistes, voulait bien ignorer ou même favoriser lesexpéditions qui se préparaient dans ses ports; pourtant elles ne réussirentpoint. Lopez et ses « flibustiers» ne purent se maintenir pendant deux joursà Cardenas, où ils avaient débarqué en 1851 ; une deuxième tentative, faitedans la Auelta de Abajo, ne réussit pas davantage, et Lopez fut passé par