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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

de 80 kilomètres par jour, et d’échapper aux poursuite eu se présentantsoudain sur des points opposés et en trompant constamment l’ennemisur leur force véritable; d’autre part, la routine militaire interdisantaux fantassins espagnols de se faire cavaliers pour joindre leurs insai-sissables adversaires 1 , c'est grâce au cheval (pie l’insurrection a pudurer si longtemps contre des forces très considérables et dans une îleétroite si facile à bloquer sur les deux rives. Maintenant le nombre desanimaux de selle a beaucoup diminué en proportion des habitants, et nullepart on ne rencontre plus de chevaux sauvages comme autrefois dans leeayo Ilomano, dans les savanes de Xipe et autres régions écartées. Les ânessont peu nombreux et on ne les tient dans les grandes plantations quecomme étalons pour la production des mulets, animaux sobres et infati-gables, employés pour les transports dans la région montagneuse. Le cha-meau des Canaries qu’on avait introduit n’a pas réussi, à cause des niejuas(pulexpenetram) qui leur blessaient le pied. Dans certaines parties de l’île,notamment dans le district de Baracoa, où Cortès fut éleveur de bétail, onemploie le bœuf comme bête de somme et de course, de la même manièreque dans l’Afrique méridionale . Les chèvres, les brebis ont moins prospéréà Cuba que les porcs et le gros bétail : la chèvre a perdu sa vivacité, etla brebis, peu soignée, a remplacé sa toison laineuse par une robe de poils.Les principaux désavantages de la propriété cubanaise consistaient naguèredans l’impossibilité du bornage, les terres ayant été concédées en cerclesde rayons différents et les espaces intermédiaires n’ayant pas de proprié-taires légitimes : de là de constants empiètements sur les domaines desvoisins. Cette division bizarre du sol en halos circulaires provenait de ceque les premières concessions avaient été faites pour l’élève des bestiaux,qui se dispersent dans la journée de tous les côtés pour revenir le soirvers le centre du domaine. Il a fallu fréquemment, pour éviter des procèsinsolubles, renoncer à toute espèce d’enquête sur l’origine des concessions.Néanmoins les anciennes démarcations se sont çà et là maintenues au grandprofit des gens de loi : il y a longtemps qu’on n’observe plus à Cuba l’édit de Ferdinand défendant qu’on « ne menast aux Indes aulcunsescholiers de jurisprudence, de crainte que les procez ne peuplassent en cenouveau monde, comme estant science, de sa nature, génératrice d'alterca-tions et divisions » 2 .

Pays de grande propriété et de grande production, Cuba n’a qu’une faible

1 Miguel Roctrigucz-Ferrer, ouvrage cité.i Montaigne , Essais, livre lit, etiaj). xm.