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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOIRS DE LA JAMAÏQUE.

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qu'ils avaient les sept huitièmes de sang blanc : ils ne pouvaient témoi-gner contre les blancs dans les cas criminels, et leurs droits d’héritageet de possession étaient strictement limités. Mais le voisinage des mon-tagnes boisées avec leurs labyrinthes de vallées et de cirques permettaitaux nègres fugitifs de trouver un asile, où de rapides défrichements etla culture des ignames, ainsi que la chasse des cochons sauvages, leurprocuraient la nourriture suffisante. Dès leur arrivée dans l'ile, les Anglais avaient vainement essayé de s’emparer de tous les esclaves; de petitesré^ x es indépendantes s’étaient fondées dans les forêts, grandissantpeu à peu, surtout par la fuite de nègres Krou ou Koromanti, les plus tiers,ceux qu’il était le plus difficile d’assouplir à la servitude : ce fut mêmeleur idiome qui devint, mêlé à l’anglais , celui de tous les nègres marrons;il en reste encore quelques mots, surtout les termes d’affection. Grâceà leur connaissance des lieux, et à la « langue du tambour » par laquelleils annonçaient les nouvelles de colline en colline, comme leurs frères derace les Doualla d’Afrique, ils restaient en communications fréquentes del’une à l’autre extrémité de l’ile, et par leurs intelligences avec les nègresdes plantations ils se procuraient des munitions de guerre. Leurs bandes,cantonnées principalement dans le haut bassin de la rivière Sèche, versle centre de la Jamaïque , inquiétaient sans cesse les planteurs : ceux-cidevaient fortifier leurs demeures et se tenir constamment sur le qui-vive;des compagnies de soldats veillaient aux endroits périlleux, et parfoismême le gouvernement alla chercher des alliés sur la côte ferme. C’estainsi que se formèrent, entre la Grande-Bretagne et les Indiens Mosquilosdu Nicaragua, ces relations d’amitié dont les Anglais voulurent proliterpour devenir les « protecteurs » et les maîtres des habitants de la côte,du Yucatan à l’embouchure du rio San-Juan.

A la fin, les planteurs de la Jamaïque s’humilièrent au point de deman-der la paix, et en 1750 les républiques de nègres marrons se constituèrentofficiellement avec des villes, un territoire respecté, des droits reconnus;mais, trop confiantes, elles s’engagèrent aussi à ouvrir des routes pourrendre leur pays accessible. Bien plus, aux termes du traité de paixles marrons devaient, en échange de la terre et de l’indépendance poli-tique, reconnaître les lois édictées par les blancs, et s’engager aussi àlivrer, « morts ou vifs », tous les nègres qui, à leur tour, chercheraient àfuir la domination des maîtres : c’était se condamner d’avance à n’avoirpoint d’alliés quand viendrait le jour de la lutte suprême. Trahissant lesfugitifs qui venaient leur demander asile, les marrons des villages libresles rendaient en effet à leurs maîtres, tandis que ceux-ci, augmentant peu