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au moment où la lune apparaissait à l’horizon, ils s’élancaient au dehorsde la grotte pour saluer l’astre qui daignait les protéger encore 1 . Les con-crétions calcaires ont revêtu les ligures d’animaux, grenouilles, tortues,scorpions, crocodiles, ijue les artistes eehuneyes avaient gravées sur lesmurailles. Dans l’ile à Vache, sur la haie de Samami et dans les monta-gnes du Cibao on a aussi découvert des pierres grossièrement sculptées.
Presque tous les indigènes d’Haïti , les Cebuneyes de l'ouest, parents desCubains, et les Araouaques du centre et de l’est, parlaient des dialectesd’une langue commune et se ressemblaient par les mœurs : ils apparte-naient probablement à une même race et s’unissaient à l’occasion contreles mêmes ennemis, les Caraïbes redoutés, qui Taisaient fréquemment desdescentes sur les côtes orientales, tuant les hommes pour les manger, etgardant les femmes comme épouses ou comme esclaves. Quoique les Espa-gnols aient à peine eu le temps de connaître ces indigènes, tant leur dis-parition fut rapide, ce sont les Indiens des Antilles (pii furent le mieuxdécrits. I.a plupart étaient de petite taille et leur peau n’était guère plusfoncée que celle des Européens qui vinrent les asservir; ils se peignaientla ligure et parfois tatouaient sur leur corps l’image de leurs génies pro-tecteurs, totems de la famille ou de la tribu. Les mères manipulaientles têtes de leurs enfants pour leur donner la forme réputée la plus belleet pour fortifier les os du crâne. Les mœurs étaient _ ’ _ es : unsimple bâton protégeait la propriété contre toute atteinte, et rarement laguerre sévissait entre les cinq royaumes dont les chroniqueurs donnentles noms et les limites; les sujets obéissaient à leurs caciques avec unesoumission parfaite et deux veuves du chef le suivaient toujours dansla terre. Telle était la piété des Haïtiens envers leurs morts, que leursmeilleurs fruits étaient taboues pour les vivants : on les plaçait sur lestombeaux.
Colomb parle de ce peuple en termes qui ont été rarement appliquésà d’autres hommes. « Ils aiment leurs prochains comme eux-mêmes,dit-il; leur parler, toujours aimable et très doux, est accompagné de sou-rires. « Et pourtant celui même qui leur rendait un si haut témoignagecommença l’asservissement de ces Indiens par la ruse et la violence ; sescompagnons et ses successeurs le dépassèrent en cruauté, et l’on vit desEspagnols se faire un passe-temps de lancer leurs bouledogues contre lesindigènes, déchirés tout vivants. En vain les malheureux se révoltèrent : laguerre ne fit que hâter les massacres. On raconte que pour en finir plus vite