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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOL'VELLK GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

deaux, la cité française par laquelle le commerce de Saint-Domingue sefaisait avec l’Ancien Monde, avait alors le premier rang parmi les portsd’Europe pour l'ensemble des échanges, mais si active que fût la partqu’elle prenait à la traite des nègres, elle était encore dépassée dans cegenre de trafic par Liverpool, sa rivale britannique.

l.es révolutions, succédant à de longues périodes de transformationsgraduelles ou latentes, paraissent, après l’intervalle d’une ou de plusieursgénérations, s’ètre accomplies brusquement : elles se sont pourtant dérou-lées avec lenteur en Haïti et le cours aurait pu en être pacifique sans l’in-tervention étrangère. Après 1780 et le cri de liberté qu’il lit entendre pardelà les mers, quinze années s’écoulèrent avant que la population d’Haïti proclamât son indépendance, et que de fois, pendant ces quinze années,les habitants, noirs et de couleur, témoignèrent-ils, en paroles et par desactes, de leur ardent désir de rester associés politiquement à la France !Les événements naquirent des événements, donnant à l’histoire une marcheimprévue.

D’abord les noirs, accoutumés à la servitude, ne songèrent point à devenirles maîtres du sol qu’ils cultivaient et à se faire les égaux politiques desplanteurs français. Seuls les « petits blancs », c’est-à-dire les Européens oufils d’Européens sans fortune, qui constituaient une sorte de bourgeoisieméprisée, et les mulâtres libres, que leur couleur faisait considérer commeune classe abjecte, revendiquèrent leurs droits à l’égalité politique etsociale. Mais petits blancs et gens de sang mêlé formaient deux castes ri-vales et ennemies, la première orgueilleuse de la nuance de sa peau, laseconde lïère de son origine locale et de son bien-être, et des conflitseurent lieu entre ces deux groupes de population. D’autre part, l’Assem-blée Nationale, effraxée de toucher à la fortune des grands planteurs, quiconstituaient à Paris même une société puissante, hésitait à prendre desrésolutions, et malgré les « Amis des Noirs » qui demandaient l’abolitionde l’esclavage, elle se bornait timidement, en 171)0, à publier une loi élec-torale où le droit des hommes de couleur à l’exercice du vole n’était pasmême explicitement reconnu. Cependant des mulâtres furent assez auda-cieux pour le revendiquer: tel, Vincent Ogé , qui dans sa proclamation sedéclarait pourtant désintéressé du « sort des nègres vivant dans l’esclavage ».Mis en fuite avec les siens, il dut se réfugier sur le territoire espagnol ,d’où il fut extradé pour subir le supplice de la roue. La fureur des blancss’accrut encore lorsqu’un décret de l’Assemblée constituante , en 1701, con-féra aux sang-mêlé « nés de père'et de mère libres » le droit de siégerdans les assemblées coloniales. C’est alors que la classe dirigeante de Saint-