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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
réussi à vendre leurs esclaves ou à se faire suivre par eux ; parmi les noirset les mulâtres, des multitudes succombèrent dans les batailles, les incendieset les novades. 11 est probable (pie la population haïtienne fut réduite demoitié pendant les quinze années de révolution : de près de six cent mille’,elle serait tombée à trois cent mille, à deux cent, soixante mille, suivantquelques auteurs. Depuis cette époque, les dissensions civiles n’ont pasmanqué, toutefois elles n’ont que rarement mis aux prises l’ensemble dela population : dans l’intérieur des terres la paix a été l’état normal de lacontrée, et la fécondité de la race noire est assez grande pour que la pé-riode de doublement ne puisse pas être évaluée à plus de cinquante ans.Même dans la cité peu salubre de Port-au-Prince les naissances l’emportentdu double sur la mortalité 2 * * 5 . 11 est probable (pie les Haïtiens sont actuelle-ment au moins un million : en 1 <S(33, le président Geffrard indiquait déjàle chiffre de 900 000; en 1888, Dantès Fortunat s’arrêtait au nombreapproximatif de 960 000; un recensement manuscrit communiqué àM. Salles en 1889 compte 994000 Haïtiens. La densité kilométrique dela population serait donc à peu près la moitié de celle des Français : c’est,peu pour une contrée si fertile.
On a souvent répété, mais sans preuves, en Haïti comme à Cuba , que laproportion des femmes dépasse de beaucoup celle des hommes dans lesfamilles. Ce qui est certain, c’est que la population devient de plus en plusafricaine par la nuance de la peau : « tous les Haïtiens sont sacatra », ditJanvier, pour désigner par un terme maintenant hors d’usage le mélangedes sangs, dans lequel prédomine celui des Africains' 1 . Il ne pourrait en êtreautrement. Les gens de couleur n’étaient pas même un sur dix au début dela révolution, et les guerres de race ont incessamment augmenté l’écart auprolit des noirs, qui constituent l’immense majorité des habitants : depuisque les blancs ne sont plus que des visiteurs et non des résidents, les croi-sements ramènent de plus en pins le type de la nation vers celui du nègre.Mais si la peau de la plupart des Haïtiens est noire ou très foncée, il estrare que l’on rencontre des traits africains, r ^ ' ceux du Ouolof oudu Serer : un milieu (libèrent a modelé à nouveau les ligures et les a sin-gulièrement rapprochées du type européen. L’immigration ne contribue quepour une très faible part à l’accroissement de la population haïtienne . Des