VILLES, COMME II CE DE LA DOM IM CA ME.
781
leurs terres, les mirent en culture pour leur propre compte. Les Kinsleyboys ou « pars de Kinsley », comme on les appelle d’ordinaire, sontdevenus fort nombreux dans le district et passent pour les cultivateurs lesplus actifs et les plus heureux : leurs champs de canne à sucre et leursbois de cacaoyers n’ont pas d’égaux, dit-on, dans l’ile entière, pour labelle apparence et la richesse des produits 1 . Dans ces districts on chasseencore le porc sauvage, descendant des animaux lâchés par Colomb . Lespêcheries de perles, exploitées jadis par les indigènes près de Savana-la-Mar, à San-l.orenzo, ont été abandonnées 2 .
Le bassin de la rivière Yuna, qui s’incline de l’ouest à l’est vers la baie deSamanâ, et que remonte maintenant une voie ferrée, est la partie la plusriche de l’île entière et pourrait à elle seule nourrir une population supé-rieure à celle des deux républiques : c’est la fameuse Yoga ou la « Campa-gne », qui a donné son nom à Concepcion de la Yega, sa capitale. Moca,Cotui, San-Francisco de Macoris sont aussi des villes de la plaine, croissantrapidement en importance comme centres de culture. Santiago de lus Cabal-leros, située dans la même [daine, mais près du seuil de partage et sur leversant que parcourent les eaux du \aqui, tributaires de la baieManzanillo,est aussi le chef-lieu d’une province, et sa position entre les deux bassins,sur la ligne transversale qui relie Santo-Domingo à Puerlo-Plata, lui avalu le premier rang parmi les cités de l’ile par le nombre des habitants etla valeur des échanges : c’est le centre de la culture des tabacs et de lafabrication des cigares, que l’on expédie à Hambourg . Son port, sur l’Atlan-tique, Puerto-Plata , n’est qu’une rade médiocre souvent bouleversée parles vents du nord; mais l’abondance des denrées que lui envoient les pro-vinces de la Yoga et de Santiago attirent les navires vers celte escale malabritée"; elle a remplacé le port d’isabella que fonda Colomb pour en fairela capitale du Nouveau Monde. Le port de Monte-Cristi, situé à l’extrémitéde la chaîne de son nom, au nord des bouches du Yaqui, est peu fréquenté.De ce coté, la zone de frontière entre Haïti et la république Dominicaine est une marche presque déserte. Dans les montagnes qui s’élèvent au sudde la Yega, le voyageur Eggers a récemment découvert des villages popu-leux dont l’existence même était ignorée à Santo-Domingo : ils occupent lescomités circulaires que des monts escarpés entourent de toutes parts.
1 Stuart, mémoire cité.
2 Reporl of the Commission of hiquicnj the Santo Domingo, 1871.
5 Mouvement de la rade de Puerto-Dlala en 1889, à l'entrée et à la sorlie :
1221 navires, jaugeant 94 580 tonnes.
Valeur des échanges en 1889 .h 8oÜ 000 francs.