ÉCOULEMENT DES EAUX, AGES PRÉHISTORIQUES. ,".l
milieu qui les cnloiire : grâce aux chemins artificiels, roules et voies de for,elles peuvent désormais s’édifier loin des llenvcs navigables, et nombre decités nouvelles se sont en effet bâties dans l'intérieur des terres, pour serapprocher de richesses minières ou d’eaux thermales abondantes, ou sim-plement de quoique beau site des montagnes. Saint-Étienne , le Creuzot,Bagnères-de-Luchon , sont des villes qui témoignent de celte indépendancecroissante de l’homme relativement aux chemins naturels qu’offrent lesrivières. Par contre, celles-ci sont de plus en plus soumises à la disciplineque leur imposent les riverains par le creusement de canaux, la constructionde digues et de barrages, l’établissement de moteurs hydrauliques, les ré-seaux d’irrigation. La somme d’utilité que représentent les rivières dansl’ensemble de l’outillage national augmente d’année en année; cependantla plus grande part de l’eau courante s’écoule encore librement dans lamer sans avoir été employée pour l’agriculture ou l’industrie, ou mêmeaprès avoir dévasté ses rives. On peut toujours considérer comme fortéloignée l’époque où l’exploitation générale des eaux sera parfaitementréglée, de manière à utiliser toute la puissance des rivières, à en prévenirtous les écarts.
III
Cette terre occidentale du continent, si bien équilibrée par l’ensemble deses formes, si favorisée par les ressources naturelles, le climat, l’abondanceet le régime ordinaire de ses eaux courantes, était certainement habitéepar l’homme à une époque de beaucoup antérieure à celle de l’histoireécrite. Il en reste pour témoins irrécusables les ossements des anciens indi-gènes, mêlés à dmx d’animaux divers, les pierres noircies des foyers, lesinstruments de travail et de guerre, les jouets d’enfants et jusqu’à desmusées rudimentaires d’œuvres artistiques. Si lointains sont les âges pendantlesquels vivaient nos prédécesseurs, qu’on est forcé d’évaluer la sériede leurs générations successives, non par siècles, mais par longues périodesgéologiques.
La France est probablement, avec la Belgique et le bassin rhénan, lacontrée de l’Europe cl du monde où l’on a jusqu’à maintenant découvert lesvestiges les plus nombreux de l’homme préhistorique. Plusieurs grottes demontagnes, plusieurs collines de débris sont devenues célèbres à cause destrésors qu’elles renferment pour l’étude de l’anthropologie. Il est donc utilequ’une description, même toute sommaire, de la France et de ses habitants