Band 
Livre II. La France.
Seite
32
JPEG-Download
 

52 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

s’occupe de la distribution géographique et des mœurs de ces hommesd’aul refois.

D’après la plupart des anthropologistes, les objets de fabrication humainequi proviennent de l’antiquité la plus reculée, sont des silex que ôf. Bour-geois a découverts près de Tlienay, au sud de Blois , dans la vallée du Cher hAutant qu’il est possible d’en juger, ces pierres sont de simples grattoirs quel’on a fait éclater au moyen du feu et que l’on a retaillés légèrement pour enégaliser le tranchant. Lorsque les contemporains de l’acérolhérium et dumastodonte fabriquaient ces instruments grossiers, l’aspect de la France était tout différent de ce qu’il est aujourd’hui : les fleuves n’avaient ni lemême cours ni le même régime; les collines n’avaient point la même formeet le littoral des mers présentait d’autres golfes et d’autres promontoires;même les plantes et les animaux différaient, les espèces actuelles n’étaientpas encore nées. La Terre traversait alors dans la série des âges la périodedes formations tertiaires.

Api ■ès un nombre inconnu de siècles, lors du dépôt des premières a 11 u-x ions quaternaires, les hommes qui vivaient dans les plaines des bords dela Somme et de la Seine, sur les plateaux du centre de la France , à la hasedes Pyrénées , avaient appris à se servir de gros instruments en silex ou enquartzite, de forme déjà moins grossière et de fabrication plus savante. C’estavec ces armes qu’ils chassaient les éléphants antiques, les hippopotames,les rhinocéros et les autres animaux qui parcouraient alors la terre desCaules . Plus tard, quand les indigènes eurent exterminé les rhinocéros etconquis l’abri des cavernes sur les grands ours, puis à l’époque où lecheval était, avec le mammouth, l’une des espèces les plus communesde la faune, les instruments de pierre devinrent plus variés pour s’adapteraux divers travaux, guerre, chassé, pèche, labeur domestique, Bientôtune matière autre que le silex ou le quartz fit son apparition dans lesateliers des fabricants : ceux-ci employaient les os et les bois des rennes,que les chasseurs avaient tués dans les forêts et les pâturages, et dont ilsrapportaient au logis les parties les plus utiles. Ayant à sa disposition plusde matériaux à façonner, l’ouvrier mit aussi plus de goût, plus d’initiativeà son travail. Il inventa l’art de buriner sur l’os des figures de mammouth,de renne, de cétacés et même de formes humaines, d’ailleurs moins bienréussies que celles des animaux. Il apprit à sculpter les manches depoignard en figurines. L’art proprement dit avait déjà commencé, quoique lenom des artistes soit à jamais perdu. Les courbes, les festons, les entrelacs

1 Ilamv, Paléontologie humaine; — Gabriel île Mortillet, Tableau archéologique (le la Gaule.