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d'ornementation pure que les ouvriers gravaient à cette époque sur leursbois de cerf sont précisément les mêmes que. l’on dessina plus tard sur lesvases de l’âge des dolmens, sur les armes et sur les parures gauloises,puis même sur les monuments gallo-romains. On les retrouve jusque surles églises romanes. Ainsi les âges se relient aux âges, et nous voyons lesorigines de nos arts se perdre au loin dans les ténèbres des siècles inconnus!
Lancé sur la voie des grandes inventions, le génie humain ne devait points’arrêter. Il est vrai qu’après l’âge du renne il y eut pour une partie desconquêtes artistiques un recul apparent chez les habitants de la contrée;l’art de graver des figures d’animaux semble s’être perdu pour un temps,puisqu’on ne retrouve plus aucun dessin de cette espèce jusqu’à l’époquehistorique : on a même pu croire, à cause de cette disparition des dessina-teurs et de plusieurs différences essentielles dans les mœurs et l’industriedes habitants, qu’une véritable lacune avait suivi la longue époque de lapierre taillée. La transition est, en effet, fort rapide, mais il ne manquepas de stations où les débris du travail humain témoignent du passage quis’accomplit naturellement entre les deux âges 1 . Il est à présumer que degrandes immigrations, peut-être celles des Gaulois , correspondent à cechangement de civilisation; durant ces révolutions ethniques, certains pro-grès déjà réalisés furent peut-être, sinon perdus, du moins presque oubliés;mais, dans l’ensemble, la marche en avant fut considérable. Non-seulementl’art de la guerre eut à sa disposition de nouvelles armes; mais, chose bienplus importante, tous les arts de la paix furent renouvelés par la fabricationd’instruments nouveaux en pierre polie et par l’utilisation de roches duresque les anciens outils ne parvenaient pas à entamer. Les hommes de cetteépoque découvrent le moyen de façonner l’argile d’une manière durable; ilsla font durcir au feu, qu’ils savent allumer au moyen de « mortiers àfriction 2 », et s’en servent pour tourner des vases qui remplacent les troncsde bois creusés. Bien plus, ils apprennent à cultiver le sol et s’associent lesanimaux domestiques. Les instruments et les autres débris prouvent quele gros de la population ne se composait pins de chasseurs, mais d’agri-culteurs et d’artisans. Les grottes toutes faites que leur offrait la nature etdont plus de trois cents, explorées par l’archéologue sur le sol des Gaules ,ont livré des restes de l’industrie humaine 3 , ne suffisaient plus aux émi-grants descendus dans les plaines ; ceux-ci apprirent à s’élever des de-meures à l’air libre et à bâtir, pour y déposer leurs morts, des grottes arti-
1 Cazalis de Fondouce, Pierre taillée et pierre polie. Revue d'anthropologie, novembre 187-4.
5 Larti-t et Christy, Reliquiæ aquitanicæ.
5 Alex. Bertrand, Revue d'anthropologie, tome II, p. 055.
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