NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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collines environnantes découpées en promontoires, tout fait songer à la mervoisine dont les fonds prolongent la plaine vers le sud. Jadis complètementdépourvue d’eau, car les gaudres ou ravins qui sillonnent les flancs desAlpines ne sont parcourus que par des Ilots d’un instant et l’humiditédisparaît aussitôt dans le sol caillouteux, la Cran n’était qu’un pâlis dontles uniques habitants étaient les « bayles » ou pasteurs des troupeauxtranshumants. Maintenant les rideaux de cyprès, les cultures diverses, lesmaisons qui bordent les canaux d’arrosement introduisent quelque variétédans l’ancienne solitude, si morne jadis. L’eau des torrents et de la pluie quise perd dans les cailloux de la Grau reparaît en partie dans le voisinage dela mer: au nord de l’étang de Galéjon jaillissent à côté les unes des autresplus de 500 sources connues sous le nom de Lançons , comme beaucoupd’autres fontaines de la France l .
Il est possible que dans un avenir prochain le Rhône lui-même, dont lesriverains laissent presque toutes les eaux s’enfuir librement vers la mer,en emploie une grande partie au travail de l’irrigation. On sait que lepuissant cours d’eau n’a qu’une très-faible utilité pour le transport desmarchandises : c’est un « chemin qui marche » trop vite et qui est long àremonter, à cause de sa pente moyenne de plus d’un demi-mètre par kilo-mètre. Avant que le chemin de fer de Lyon à Marseille fut construit, la navi-gation du Rhône avait une grande importance ; mais elle n’a pu soutenir laconcurrence que lui faisait la voie de fer : au lieu de G2 bateaux à vapeurqui transportaient journellement les marchandises entre les villes rive-raines du grand fleuve, on -n’en compte maintenant que six ou huit separtageant un trafic moindre de 5UÜ,000 tonnes. Pour que le Rhône puissese transformer de nouveau en une voie de navigation digne des intérêtsqu’elle est appelée h servir, il faut que de grands travaux soient exécutéspour la régularisation et i’approfondissement du lit fluvial ; il faut aussique l’outillage des bateaux soit modifié pour donner aux remorqueurs uneplus grande force de traction ; il faut surtout que les intéressés parviennentà triompher de l’opposition qui leur est faite par la toute-puissante com-pagnie du chemin de fer de Paris à la Méditerranée. En tout cas, il seraitdéplorable que le Rhône, ce tronc commun de la navigation française , lavoie naturelle à laquelle se rattachent tous les canaux du reste de la France ,continuât d’être délaissé par le grand mouvement des marchandises. Laplupart des chambres de commerce ont compris combien il importe d’éviterà la France la perle de la voie de navigation du Rhône et proposent de
E. Rornard, Canal de Marias, Répertoire de la Société de statistique de Marseille, 1871.