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l’utiliser comme partie d’une grande voie de lialellerie enlre le Havre etMarseille ; elles demandent que des bateaux de "25U à 500 tonnes puissentdésormais se rendre de l’Océan à la Méditerranée sans rompre charge, et(pi’en tout temps le Rhône olïre au moins l'“,00 de mouillage. L’exécutioncomplète des travaux d’amélioration déjà commencés est promise pourl’aimée 1882 ; mais il serait fort imprudent de saigner le Rhône par descanaux d’irrigation très-abondants avant d’avoir constaté que l’enlrelien dulleuve comme voie de navigation est trop coûteux pour être continué.
Pourtant on a sérieusement proposé d’employer les eaux du Rhône surtoutà l'arrosement des terres. Les ravages immenses exercés par le phylloxéradans les vignobles de la Drôme, de Vaucluse, du Gard et de l’Hérault ont incité plusieurs corps délibérants à voter le creusement d’un canalrhodanien, qui, prenant son point de départ aux Roches de Condrieu,à une petite distance en aval de Vienne, longerait vers le sud la rive gauchedu lleuve eu maintenant son niveau, de manière à dominer de plus enplus les campagnes riveraines. Après avoir arrosé les plaines de àalence,de Montélimar, de Donzère, de Rollène, le lleuve artificiel franchirait leRhône près de Mornas par un gigantesque siphon et, se rapprochant gra-duellement de la mer, traverserait les territoires dTzès, de Aimes, deSommières, de Montpellier, de Béziers , pour se terminer près de A'arhonne,dans le bassin de l’Aude , après un parcours de 450 kilomètres. Le volume àdériver du Rhône , d’après ce projet, serait fixé à plus de 50 mètres cubespar seconde; on avait même demandé d’abord 00 mètres cubes, quantitésuffisante pour arroser plus de 200,000 hectares de cultures diverses etabreuver eu môme temps toutes les villes et bourgades situées sur le par-cours du canal.
En aval de ses deux derniers affluents, Durance et Gardon, le Rhône negarde pas longtemps toute la masse de ses eaux dans un seul canal. 11 passesous les ponts de Beaucaire , les derniers qui franchissent le lleuve entier,puis son flot ralenti, qui ne roule [dus de cailloux comme en amontde Beaucaire , s’essaye à la formation de quelques îlots de sable et se par-tage définitivement autour de la grande île du delta. D’un côté, le petitRhône, qui reçoit environ le cinquième des eaux lluviales, coule devantle village de Fourques, ainsi nommé de la bifurcation du lleuve, et sedirige à l’ouest et au sud-ouest à travers les terres alluviales de l’anciengolfe de Beaucaire ; de l’autre côté, le grand Rhône , qui semble à peinediminué de puissance, descend d’abord directement au sud vers la villed’Arles , dont il aurait bientôt emporté les bas quartiers s’ils n’étaientprotégés par une haute digue, derrière laquelle ils semblent enfouis. Ge