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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

grand bras est celui qui continue vers la mer la voie commerciale du bas-sin. On pense qu’aulrefois le Rhône occidental roulait une quantité d’eauplus considérable : il s’est graduellement appauvri pendant le cours dessiècles au profit du bras oriental ; plusieurs de ces anciens lits, comblés oubien emplis d’eau marécageuse , ne sont plus que des « Rliônes morts »,mais jusque dans la région des marais salants situés au sud de Montpellier on trouve sur les bords de la mer des cailloux des Hautes-Alpes qui ontété certainement portés par le grand lleuve, à une époque où, plus tor-rentiel qu’il ne l’est aujourd'hui, il roulait jusqu’à la Méditerranée lesgalets que lui apportaient la Durance et ses autres affluents 1 . D’ailleurs,les bras lluviaux n’ont cessé de varier en nombre et de se déplacer de-puis l’époque historique. Les auteurs anciens ont compté deux, trois, cinqet môme sept bouches; mais ce désaccord est peut-être plus apparentque réel 2 * 4 , et de nos jours encore les géographes pourraient indiquer desnombres différents, suivant leur classement des graus en bouches lluvialesou en simples dérivations temporaires. Du temps de Pline, il en existaittrois, dont la grande coulait à l’est comme de nos jours : c’était la brancheMassaliolique ; la plus occidentale était connue sous le nom d’Os Ilispa-ntense , ou branche espagnole, à cause de sa marche vers le sud-ouest,c’est-à-dire dans la direction de la lointaine Espagne . On suit en effet lestraces d’un Rhône « mort » qui longeait la base des collines caillouteusespour aller se jeter dans la partie actuellement comblée de l’étang de Mauguio.Encore au moyen âge, une voie navigable non interrompue se continuaitdu grand lit du Rhône jusque dans l’étang de Thau\ Le géologue ÉmilienDumas a constaté que chaque nouvelle diramation du lleuve correspond àla formation d’un nouveau cordon littoral. Lors de l’époque où le Rhône ouvrit ses deux branches de la « fourche », la plage marine occupaitl’espace qui est devenu de nos jours la tète septentrionale de la Camargue .Pendant le nombre inconnu de siècles qui s’est écoulé depuis lors, la faunede la Méditerranée a eu le temps de se modifier quelque peu ; la panopæaaldovrandi , qui 11e se trouve plus que sur les côtes de Sicile , était alors très-commune sur les côtes du golfe de Lyon ; le pecten maximus, aujourd’huifort rare sur les plages languedociennes, s’y rencontrait en grand nombre *.

Entre les deux branches du Rhône actuel s’étend un delta triangulaire

1 Ch. Martins, Aigues-Mortes .

5 Ernest Desjardins , Notes manuscrites. .

J Ch. Lenlhêric. les Villes mortes du golfe de Lyon .

4 Emilien Dumas, Statistique géologique du Gard ; Revue des sciences naturelles, t. IV, sep-tembre 1875. Montpellier .