LITTORAL D’AIGUE S-MORTE S.
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du Yidourle à l’ouest, ont changé la forme des étangs et des bancs desable ; le chenal maritime d’Aigues-Mortes , qui fut percé directement versla mer sous le règne de Louis XY, — d’où le nom de grau du Roi donnéà son embouchure, — a contribué à modifier le dédale des eaux intérieures;mais divers noms d’étangs et de plages qui se sont conservés, des restesde digues et de levées, enfin les vestiges du cimetière des « Tombes », oùl’on enterrait les morts de la Croisade, témoignent de l’existence de cetancien canal, long de 8 à 9 kilomètres, qui faisait communiquer la villeavec le grau Louis.
Une preuve remarquable de la stabilité relative du littoral d’Aigues-Mortes est fournie par la configuration des rangées de dunes qui indiquentles empiétements successifs de la terre sur les eaux. Dans le voisinage dugrand Rhône, ces anciens cordons littoraux, percés et déblayés sur tant depoints par le fleuve errant ou débordé, n’ont laissé que peu de traces; mais àl’ouest du petit Rhône, aux ondes plus paisibles, on peut reconnaître sanspeine toutes les chaînes de dunes qui bordaient le rivage, et l’on constateque ces bourrelets de sable convergent tous vers l’étroite langue de terre quisépare l’étang de Mauguio du golfe d’Aigues-Mortes : depuis les temps incon-nus où se forma le cordon littoral situé le plus au nord, la plage occidentaledu golfe n’a donc point empiété sur la mer. La plage orientale, au con-traire, s’est accrue, et l’emplacement où se trouve de nos jours la villed’Aigues-Mortes fit certainement partie de la Méditerranée, mais à uneépoque bien antérieure aux premiers documents relatifs à l’histoire de cescontrées. Dès le siècle de la fondation, des archives mentionnent la plagedu Boucanet 1 , qui est celle où s’élève le cordon de dunes le plus rapprochéde la mer. Des tamaris, des ailantes consolident un peu les sables de cesmonticules encore mobiles; les autres chaînes, complètement fixées, ontune végétation moins rare ; le cordon littoral le plus ancien, non moinsstable que la bordure continentale des terrains caillouteux situés plus aunord, est revêtu d’une forêt de pins maritimes, qui donnent au paysage unsingulier caractère de tristesse et de grandeur. Dans la Sylve Godesque,on pourrait se croire sous les fameux pins de Ravenne ; mais, de nos jours,cette « sylve » ou forêt est réduite à bien peu de chose.
L étude attentive des côtes et des changements qui s’y produisent permetd affirmer que pendant de longs siècles encore le littoral d Aigues-Moi tesgardera la stabilité qui le distingue, en comparaison des plages de la Camargue. Il est vrai que les alluvions du petit Rhône , évaluées par 1 in D énieur
1 Ch. Lenthéric , Villes mortes du golfe de Lyon, p. 503.
H.
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