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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Surell à 4 millions de mètres cubes chaque année, se rejettent sur la côte.Mais, tandis que les dépôts du grand Rhône vont se fixer surtout à l’est, àl’entrée du golfe de Fos, ceux du petit Rhône , mêlés au sable érodé descôtes, vont prolonger, au sud-est du golfe d’Aigues-Mortes , la pointe, biennommée, de Terre-Neuve, où se dresse le phare de l’Espiguelte. L’ingé-nieur Lenthéric et M. Charles Martins ont mesuré exactement les progrèsde cette partie de la plage. En se prolongeant incessamment dans la mêmedirection, la plage atteindrait la rive opposée du golfe, vers Palavas , endeux mille années, et les eaux de la rade d’Aigues-Mortes se trouveraientchangées en un étang salin, semblable à ceux de Mauguio, de Pérols etde Thau ; les sondages pratiqués dans toutes les parties du golfe, surtoutaprès les tempêtes, ont prouvé que les alluvions ne se déposent point endedans de la ligne idéale formée par le prolongement des côtes de laCamargue; elles vont ensabler la côte entre Palavas et Cette.

Garanti des alluvions du Rhône par la pointe de l’Espiguette, le golfed’Aigues-Mortes est aussi partiellement abrité des vents si dangereux dusud-est et les eaux sont relativement calmes dans cette grande anse de lacôte. Le projet d’y établir un port de refuge ne paraît donc pas chimériqueà quelques ingénieurs. Sans dragage aucun, des profondeurs de 5 mètresse maintiennent par tous les temps entre les musoirs du grau du Roi ; si lesdigues étaient prolongées en mer jusqu’aux fonds de 6 et 7 mètres, les na-vires pourraient s’y réfugier en toute sécurité pendant les tempêtes du large,tandis que sur les rivages occidentaux, vers Palavas et Cette, ils se trouventpresque inévitablement en perdition. Le port d’Aigues-Mortes , qui mainte-nant n’a guère d’utilité que pour l’importation des oranges de Valence etdes Baléares, pourrait devenir le complément maritime de Nîmes et d’Alais pour l’introduction des matières premières et l’expédition des houilles.Le Rhône , qui par ses bouches naturelles ne peut rattache? directementla voie commerciale de sa vallée à celles de la mer, s’ouvrirait ainsi augrand mouvement des échanges par deux canaux artificiels, débouchantl’un dans le golfe de Fos, l’autre dans celui d’Aigues-Mortes 1 .

III

Les diverses rivières qui s’épanchent du versant des Cévennes dans la Mé-diterranée peuvent être considérées géologiquement comme appartenant au

1 Ch. Lenthéric, Mémoire sur les conditions nautiques du golfe d’Aigues-Mortes ; — Ch. Martins,Topographie géologique d’Aigues-Mortes.