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Livre II. La France.
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ÉTANG DE BERRE, MISTRAL.

rieur a été taillé dans le roc vif par les Romains, elles diminuent quelquepeu la profondeur des parages orientaux de l’étang 1 ; mais ce sont là deschangements de peu d’importance qu’il serait facile de prévenir en détour-nant complètement les deux rivières pour le service de l’irrigation. Dureste, des travaux antérieurs ont déjà beaucoup fait pour faciliter la com-munication de l’étang de Berre avec la Méditerranée , car, en échange deleur droit de pèche, les riverains du chenal doivent entretenir des passesnavigables d'une profondeur de plus d’un mètre s . Si des pêcheries ou« bordigues » n’existaient depuis un temps immémorial sur le canal deCaronte, il est probable que la mer intérieure aurait été complètementséparée du golfe de Fos par les alluvions ; lors des vents de nord, on a vuparfois le fond du canal à sec.

V

La différence si frappante qu’offrent les côtes méditerranéennes de laFrance de chaque côté des bouches du Rhône n’existe que dans le reliefdu sol et dans la configuration des plages et des fonds sous-marins; maisle milieu atmosphérique est à peu près le même, si ce n’est dans le voisi-nage des étangs empestés par la malaria; le climat de la Provence etcelui du Languedoc cévenol ne présentent que des différences locales.Dans son ensemble, le littoral méditerranéen se distingue de tout le restede la France par sa température, le régime de ses vents, de ses pluies,tous les phénomènes de son atmosphère. Ainsi qu’il a été dit plus haut, àpropos du climat général de la France entière, les plaines situées à la baseméridionale des Cévenncs, la vallée inférieure du Rhône et les régions ma-ritimes des Alpes de Provence reçoivent surtout les vents de terre, tandisque sur tout le versant océanique domine le vent marin. L’air du Langue-doc et de la Provence est plus sec et plus avide de vapeurs; les pluies tom-bent plus rarement sur la contrée, mais elles sont beaucoup plus violentes.

Dans la mémoire de tous ceux qui ont visité le midi de la France , lesouvenir du souffle impétueux qui descend des montagnes se mêle à l’im-pression produite par l’aspect africain du sol et de ses plantes. Ce vent dunord-ouest, qui descend des Cévenncs sur les plaines du bas Languedoc , duRhône et de la Durance, est caractérisé par une violence extrême due à des

1 Débit moyen de l’Arc et de la Touloubre : 7 mètres cubes à la seconde. Statistique des Bouches-du-Rhône , tome I, p. 115, 279, 281.

s Léon Vidal, Bépertoire de la Société de statistique de Marseille , 1871.