SAINT-PONS, BÉZIERS.
281
village et au château qui se dressent au sommet du rocher. En 1210, Simon de Montfort s’empara de la forteresse et en fit hrùler tous les défenseurs : ainsi furent traités dans lepays presque tous ceux qui tentèrent de résister au redoutable conquérant.
Saint-Pons, chef-lieu de l’arrondissement occidental de l'Hérault , est dans une heu-reuse position géographique, à l'issue d’une brèche des Cévennes qui met en communi-cation Castres avec Béziers et où doit passer le chemin de fer entre les deux villes. Saint-Pons, comme sa voisine Riols, et comme Saint-Chinian, dans la vallée du Verzanohres, selivre à la grande industrie de la contrée, la fabrication des draps; ses usines sontmises en mouvement par une source abondante née sous la voûte d’un rocher : c’estla véritable origine de la rivière de Jaur, qui coule au pied des Cévennes dans unprofond sillon suivi par l'Orb en sens inverse. Bédarieux, la ville principale que baignel'Orb dans la partie supérieure de son cours, possède également de grandes manu-factures de draps, mais elle compte aussi parmi ses usines des filatures, des teintu-reries, des tanneries, des fabriques de papier et de verre, des établissements métallur-giques. Bédarieux est parfaitement située pour devenir une ville industrielle fort impor-tante, car elle se trouve au débouché des grandes mines de houille de Graissessac, quifournissent près de 300,000 tonnes de combustible par an et dont les produits font déjàconcurrence aux charbons anglais dans les ports de la Méditerranée. Des gisements defer, de cuivre, de plomb argentifère que l’on a reconnus dans les montagnes des envi-rons, ne sont que faiblement utilisés ; mais on a su apprécier la valeur d'autresrichesses minérales, les eaux chaudes et froides de la Malou, qui coulent dans un petitvallon à l'ouest de Bédarieux : elles sont de compositions diverses et quelques-unes ontles mêmes propriétés que les eaux ferrugineuses de Vichy .
Béziers , qui domine le cours inférieur de l'Orb, est une des grandes cités historiquesde la France . Son vieux nom de Bœterrœ, que conservent les habitants en se nommantBiterrois, semble indiquer une origine ibérique, et le chameau, qui est l'animal symbo-lique de la ville, rappelle les anciennes relations de la contrée avec l'Orient. Quoiquesouvent dévastée, mise à feu et à sang par des conquérants de passage, Béziers , si heu-reusement située sur un coteau qui domine la grande route du littoral méditerranéen, s’esttoujours relevée de ses ruines, et pendant le cours de ce siècle elle a pris une impor-tance des plus considérables comme l’un des marchés régulateurs des vins et des eaux-de-vie du département : lors des bonnes récoltes, le mouvement est des plus animés dansscs entrepôts et dans ses gares. Béziers n’a que des restes délabrés de l’époque romaine ;elle est moins curieuse à cet égard que le village peu éloigné de Murvicl, entouréd'une enceinte d’aspect cydopéen. Les édifices du moyen âge qui dominent Béziers sont encore ses principaux monuments : les plus célèbres sont les églises de Saint-Nazaire et de la Madeleine , où se fit en 1209 cet effroyable massacre d’hérétiques parmilesquels Dieu devait « reconnaître les siens » ; la population m.âlc ayant été complè-tement exterminée, les femmes biterroises furent distribuées à un régiment d’Arago-nais chargé de repeupler la ville l . Parmi les constructions modernes, les plus remar-quables sont les grandes écluses de Fonserannes et le pont-aqueduc sur lequel le canal duMidi traverse la rivière d'Orb. Du haut de la promenade dite le plateau des Poètes, lastatue de Riquet, l’enfant le plus illustre de Béziers , semble contempler le canal dont l’eaubrille en bas dans la campagne verdoyante.
L'Hérault , la rivière principale du département et celle qui l’arrose dans sa partie laplus centrale, n’a pas dans son bassin de ville qui rivalise avec Béziers par le commerceou la population ; mais c’est là que se trouvent les localités industrielles les plus actives.
1 Boudard, Monteils, Notes manuscrites.
ii.
56