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Livre II. La France.
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AIX, SALON, ARLES .

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ceux de Gènes et de Fisc . Ce fut l'époque de sa plus grande puissance, mais les rivalitésintestines, entre familles et familles, entre évêques et consuls, diminuaient l'autoritéde la ré_ ’ c; les diverses factions allaient même jusqu'à liàtir des murailles et destours de défense dans leurs quartiers respectifs. A la lin, un podestat, héritier du pouvoirdes consuls, livra sa ville à Charles d'Anjou, frère de Louis IX : ce fut le commencementde la décadence. Arles , réduite à l'état de ville de province, perdit peu à peu toute acti-vité, et les navires marins cessèrent de suivre le canal pour remonter jusqu'à son port.Mais les habitants ont gardé quelque chose de la fierté des anciens jours ; de leur côté,les femmes, célèbres par la blancheur de leur teint, que fait ressortir leur chevelure noire,ressemblent à des Italiennes par la noblesse des traits et le feu du regard; elles ont aussila grâce de l’attitude et le goût dans le costume. La beauté îles Arlésiennes, contrastantavec les traits fort ordinaires de la population masculine, donne un certain poids à l'opi-nion de plusieurs anthropologistes, que les femmes garderaient le plus longtemps lestraits caractéristiques de la race 1 .

Arles rivalise avec Nîmes pour le nombre et la beauté des monuments romains.L’ _ ’ ' 'âtre, qui servit de citadelle au moyen âge et où l’on voit trois tours sarrasinespesant lourdement de leur niasse carrée sur les cintres des arcades, formait encore au com-mencement de ce siècle tout un quartier de ville; c’est un édifice ovale où 25,000 personnespouvaient à la fois trouver place. Le théâtre, moins bien conservé, plaît davantage, àcause de la forme pittoresque de ses ruines, de deux colonnes élégantes qui portent unbloc d’entablement, des herbes et des broussailles qui croissent entre les pierres. Un obé-lisque en granit de l'Esterel, des colonnes, des restes de palais, d’aqueducs, de porteset de tours sont épars en diverses parties de la ville; sous presque toutes les maisonsse. rencontrent les substructions d'anciens édifices. Bien que la plupart des fragmentsantiques aient enrichi d'autres collections, cependant le musée d'Arles contient encoreen grand nombre des morceaux de valeur artistique et archéologique, bustes, statues,autels et tombeaux. La Vénus d'Arles, un des héritages les plus -précieux de l’artantique, a été trouvée dans les ruines du théâtre. Arles possède aussi des monumentsremarquables du moyen âge, entre autres le beau porche roman et le cloître deSaint-Trophime. Près de la ville, les anciens Champs-Elysées ou Aliscamps montrent auxpromeneurs leurs anciens tombeaux païens et chrétiens ombragés par le feuillage desgrands peupliers. Telle était au moyen âge la renommée de la « terre sainte » desAliscamps que jusqu’au douzième siècle les morts des villes riveraines du Rhône étaientmunis d’une pièce de monnaie, enfermés dans des tonneaux enduits de résine et livrés aucourant du fleuve, connue le sont de nos jours les cadavres charriés par le Gange ; lespieux habitants d'Arles recueillaient les corps flottants confiés à leur foi et les inhumaientsuivant les rites sacrés.

Malgré le voisinage do Marseille, qui cherche à monopoliser tout le commerce du Midi ,Arles a toujours un certain commerce maritime, grâce au canal qui a remplacé lesFosses Mariennes et qui va rejoindre la mer au port de Bouc ; maintenant elle peut disposerd'une autre voie maritime, celle du canal de Saint-Louis, qui fait communiquer direc-tement le Rhône avec le golfe de Fos. Comme marché de denrées agricoles, Arles esttoujours fort importante, car elle a ses admirables prairies, ses cultures d’irrigation, lesbestiaux et les chevaux de la Camargue, les moutons de la Crau , si appréciés à cause del'excellence de leur chair; toutefois l'étendue de 123,000 hectares que comprend l’im-mense commune d’Arles, des deux côtés du Rhône , attend encore d’être assainie pour sccouvrir de cultures. Au delà du viaduc et du pont, qui réunissent la rive d’Arles à celle

1 Itoget de Belloguet, Elhnotjénic gauloise, 2* partie, p. 64.