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et son commerce est considérable ; sur le parcours de la voie ferrée, le Lue, Yidauban,sont des bourgades assez commerçantes ; Lorgnes , entourée de son boulevard planté d’or-meaux, dominant au nord de belles campagnes et les défilés de 1 Argens, a diverses usines,surtout des fabriques de draps; enfin Draguignan , le chef-lieu du département, est uneville fort industrieuse; les eaux dérivées du iS'artuby, affluent de LArgens, v font mouvoirles roues de nombreuses petites fabriques, dont les produits sont expédiés au loin. D'ail-leurs la ville n’offre point d'autres curiosités; mais dans les environs que de sites sau-vages ou gracieux, que de grottes et de gouffres dans les vallées, et de vues admirablesdu haut des roches !
Taudis que les villes côtières des Alpes Maritimes grandissent en population et enrichesse, l’ancienne colonie romaine Foro-Juliensis, la moderne Fréjus , maintient pénible-ment son existence au bord des terrains marécageux que parcourt l’Argens près de sonissue dans la Méditerranée . L’ensablement du port et l’empiétement des alluvions surla mer, qui a reculé d’au moins 1,000 mètres depuis l’époque romaine, n’ont pas permisà Fréjus de sc relever des désastres de guerre qui l'ont visitée comme toutes les villes dulittoral. Les vestiges de son port, où séjourna la flotte d’Actium et où les amirauxromains remisaient jusqu'à 200 vaisseaux, se retrouvent au milieu des jardins, tandis quesur la colline qui dominait l’ancien rivage, quelques restes de monuments romains, unamphithéâtre, un camp et surtout un aqueduc aux énormes piliers, témoignent de l’an-cienne importance de la cité. L’aqueduc de l’ancienne Fréjus est la ruine la plus considé-rable de ce genre qui existe encore en France : on peut le suivre jusqu'à sa prise d'eaudans la rivière de Siagnole ou de Neisson, sur une étendue de près de 40 kilomètres.,Si les environs étaient complètement assainis, et si le village de Saint-Raphaël, qui estson annexe maritime, était pourvu d’un port de profondeur suffisante pour les naviresd’un tonnage moyen, Fréjus pourrait reprendre encore une certaine activité commerciale,comme débouché naturel de toute, la vallée de l’Argens'.
La région la plus orientale du littoral méditerranéen de la France appartenait enIStiO à l'Italie : c'est l’ancien comté de Nice, recouvert dans presque toute son étenduepar les Alpes et leurs contre-forts. Cette province, dont on a fait le département des Alpes-Maritimes , en y adjoignant l’arrondissement de Grasse, situé: sur la rive droite du Yar,est, à bien des égards, un pays de. transition entre les deux Etats limitrophes. La limitedes langues la partage en deux régions naturelles, car si le français est l'idiome populairedans les deux vallées du Yar et de la Tinée , l’italien domine dans tout le bassin de laIloya et jusque dans un quartier de Nice ; d'ailleurs le dialecte local, le niçois, est unparler distinct, tenant à la lois des trois langues sœurs, le provençal, le français, l’italien .Les mœurs des habitants présentaient aussi une remarquable originalité ; mais le mouve-ment incessant des voyageurs dans les villes du littoral ne peut manquer d’elfacer rapide-ment ce qui reste de l’antique originalité provinciale. L’entretien de tous ces visiteurs estla principale ressource de la contrée ; en outre, le commerce des huiles, des vins, desfruits, la fabrication des parfums et des essences, d’autres industries encore, donnent lieuà de grandes affaires dans les Alpes-Maritimes ; néanmoins ce département, l’un des plus
1 Communes les plus importantes du Yar en 1872 :
(19,150 hab11,200 »10,120 »9,450 »
5,000 hab.4,450 »4,000 »5,550 »