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Livre II. La France.
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DIJON ET COTE D’OR .

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par suite de ce tracé, la cité bourguignonne se trouve être le point de départ obligé de laligne directe de la Suisse, qui se prolongera tôt ou tard vers l'Italie à travers la hautemuraille des Alpes. On pourrait s’étonner qu’avec ses grands avantages de position Dijon n’ait pas crû plus rapidement en population et en commerce. Mais tel qu'il est, sontrafic est considérable, surtout pour l’achat et la vente des céréales. L’industrie dijonnaisccomprend les manufactures les plus diverses, parmi lesquelles celles qui se rapportent àl'alimentation ont une large part. On sait que la moutarde, le pain d’épices et les confi-tures de Dijon , fabriquées en partie à Saint-Seine, jouissent d’une grande réputation, mêmebien au delà des frontières.

Fièrc de son ancien titre de capitale et du rôle considérable qui appartint longtemps àsa noblesse parlementaire, Dijon est une des villes de province qui ont le moins regardévers Paris pour en copier les mœurs. Au dix-huitième siècle, elle vivait d’une vie intel-lectuelle complètement indépendante, et même scs salons n’attendaient pas que le tonleur eût été donné par les beaux esprits des bords de la Seine . D’ailleurs elle a prouvécomme Besançon que ses habitants sont animés d’une forte sève, car elle a produit beau-coup d'hommes considérables, saint Bernard, Bossuet, Rameau, Guyton de Morveau , Jouf-frov, Rude : elle a plus fait à elle seule que des provinces entières pour accroître la véri-table richesse de la France , ses découvertes scientifiques, sa littérature, ses œuvres d'art.Fille a de grandes écoles pour les lettres, les sciences, la musique, la peinture, la sculp-ture, et possède de fort riches collections, ainsi qu’une importante bibliothèque et deprécieuses archives.

Scs remparts ont été démolis et remplacés par de larges avenues, plusieurs pittoresquesédifices ont disparu, néanmoins la ville garde encore un aspect original ; de beaux monu-ments du moyen âge et de la Renaissance, églises et palais, de même que les grandshôtels de l’ancienne magistrature, contribuent à faire de Dijon une cité d’assez noble appa-rence. L'ancien palais des ducs, devenu plus tard celui des États, et transformé maintenanten hôtel de ville, élève deux tours du quinzième siècle au cœur de la cité, et l'on y voitencore, à côté de constructions modernes, l’ancienne salle des gardes, où le municipe afait placer les tombeaux des ducs de Bourgogne, Philipne le Ilardi et Jean sans Peur . Cesmausolées, ornés des statuettes, des figurines et des broderies de pierre les plus élégantes,sont la principale curiosité du musée, où l'on admire aussi de beaux tableaux anciens etmodernes, des meubles, des sculptures diverses, et parmi les statues, des œuvres de Rudeet de Jouffroy. La collection des estampes, exposée également dans l’hôtel de ville, estune des plus remarquables de la France ; elle comprend plus de 40,000 feuilles. Plusieurséglises contiennent aussi de précieux objets d’art, et dans les constructions qui restent del'ancienne Chartreuse est une des œuvres capitales de sculpture que possède la France ,le puits des Prophètes, ainsi nommé des statues de Moïse, de David, de Jérémie , deZacharie , de Daniel, d'Ésaïe, que le statuaire Claux Slutter y dressa vers la fin du quator-zième siècle. Enfin, on doit compter au nombre des richesses les plus précieuses de Dijon ,les promenades qui l'entourent, soii Jardin des Plantes et surtout son parc aux admirablesperspectives : Le Nôtre les dessina.

C’est presque immédiatement au sud de Dijon que commence la fameuse Côte d’Or ,dont les pentes blanchâtres ne sont point belles à voir. On longe d’abord les côtes deGevrey-Chambertin, celles de Chambollc, puis le célèbre « clos » Vougeot , dont les vinsappartenaient autrefois aux religieux de l’abbaye de Citeaux . La qualité des crus de laCôte d'Or dépend de plusieurs conditions : déclivité du sol, exposition des pentes ; mais,si grand que soit le savoir-faire du vigneron, il n’obtiendra point des vins excellents, si levignoble n’occupe pas une pente bien abritée des vents du nord, jouissant de toute l’inso-lation que comporte la latitude et comprise en outre dans la zone géologique des marnes

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