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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

la vallée de l’Aveyron. Le chemin de fer de Millau à Rodez décrit unegrande courbe qui sépare à peu près exactement les deux zones géologiqueset permet ainsi de constater facilement la diversité d’aspect, et de produc-tion que présentent les contrées, celle des mœurs qu’offrent les habitants.Au nord du plateau calcaire de Larzac, aux assises unies, revêtues d’herbesfines, s’élèvent les croupes inégales, couvertes de fougères, du Lévezou gra-nitique : d’un côté sont les champs d’avoine et d’orge, çà et là mêmedes fromentals ; de l’autre sont les ségalas ou terres à seigle. Les paysansdu calcaire, les caoussenaous ou « caussenards », se distinguent aussi àpremière vue, et fort à leur avantage, de leurs voisins du granit, les « séga-lains ». Le caussenard, mangeur de pain d’orge et d’avoine et buveurd’eau claire, est grand, osseux et fort. L’habitant des terres cristallines,mangeur de seigle et de châtaignes, buveur de cidre, est beaucoup moinsvigoureux.

A l’orient, la grande île jurassique des causses est, comme à l’ouest etau nord, entourée de granits appartenant au Plateau central ; mais lesroches de l’est sont de beaucoup les plus hautes et les plus grandiosesd’aspect : ce sont elles qui forment le massif principal des Cévennes. Versl’extrémité méridionale de ce massif, au-dessus des puissantes assisescalcaires que l’IIérault et ses affluents traversent par de s,ombres gorges,s’élèvent la montagne de l’Espérou et le superbe dôme de l’Aigoual, d’oùse déversaient autrefois, dans toutes les vallées du pourtour, des glaciers 1remplacés aujourd’hui par des torrents tributaires de l’Ilérault, du Gardon,du Tarnon, de la Joute. C’est encore l’une des régions les plus sauvages dela France . Scs forêts, que la hache a diminuées d’étendue, étaient peu-plées, au dix-huitième siècle, d’ours, de cerfs, de sangliers; mais il n’yreste plus d’autres grands animaux que les loups.

Une région tourmentée, dont les innombrables protubérances de granit,d’une hauteur moyenne de 800 à 1,200 mètres, apparaissent comme unvéritable chaos, occupe tout l’angle sud-oriental du Gévaudan , devenule département de la Lozère : les parois abruptes du causse Méjean, quidominent à l’ouest la vallée du Tarnon, contrastent par leur régularitéavec ce désordre de la région des Cévennes déchiquetée par les eaux. Maisau nord de la montagne du Bougés et de la haute vallée du Tarn , legranit lui-même prend une forme de plateau à peine moins unie que celled’un causse calcaire. Le mont Lozère , qui constitue ce plateau, et quelimitent au nord le cours du Lot et celui de l’Altier, affluent de l’Ar-

1 Ch. Martins, A. Jullien, I. Martin, J. Marcou. Tardy, Cazalis de Fnndnuce.