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Livre II. La France.
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CAUSSES ET SÉGALAS, LOZÈRE , MARGER1DE.

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dèche par le Chassezac, est une vaste croupe d’environ 500 kilomètrescarrés et d’une altitude moyenne de 1,400 mètres. La formation en est desplus régulières, car sa ligne de laite est presque rectiligne*de l’ouest à l’estet se maintient pendant 25 kilomètres à la hauteur presque uniforme de1,600 mètres. La plupart des géologues pensent que ce plateau fut jadisune île graniti que dans la mer du Jura , mais divers indices portent à croirequ’il a été recouvert entièrement par les eaux et que des érosions posté-rieures en ont fait disparaître les dépôts jurassiques avec la partie superfi-cielle des granits sous-jacents. La surface même de la roche cristalline aété partiellement érodée : d’énormes blocs épars ou groupés comme desruines de prodigieux édifices et des amas de sable grossier, formé parle quartz désagrégé, emplissent toutes les cavités du plateau. Là leshameaux qui blottissent leurs masures dans les creux, à l’abri d’un rocou d’une forêt de pins, sont de tristes demeures : le manque de bien-êtrey est tel qu’on ne peut y vivre qu’à l’état de barbarie. Mais ces hameauxmêmes sont rares; des poteaux ou des dalles de granit, semblables à desmenhirs, y guident en hiver le voyageur perdu dans la neige ou dans lebrouillard.

La Lozère a l’aspect d’une véritable montagne au sud et à l’est, grâceaux vallées qui la découpent en promontoires; mais les plateaux qui s’éten-dent au nord du Lot naissant sont parmi les contrées les plus monotones,les plus tristes qu’il y ait en Europe . Les longues croupes à demi boiséesde la montagne du Goulet, de même que la grande forêt de Mercoire, oùcoulent les premières eaux de l’Ailier, ont, il est vrai, la beauté que don-nent les arbres et la nature libre; mais l’aride plateau de Monlbel, im-mense socle de granit qui ne porte pas même une colline, est une régionvraiment terrible par la solitude, la nudité et, pendant une moitié del’année, la froidure et le vent. Non moins formidable est la région ditepeut-être par dérision « le Palais du Roi », qui s’étend plus à l’ouest, etforme la partie méridionale du plateau connu sous le nom de montagnede la Margeride. Les granits de cette large voussure de montagnes, quis’avance sur un espace de plus de 50 kilomètres entre les massifs vol-caniques du Yelay et ceux du Cantal , ont du moins gardé leur parure deforêts sombres, et des cascades bruissent dans les gorges sur les pentesextérieures du plateau.

Quoique toutes les hauteurs de la France centrale soient réunies les unesaux autres en un seul système orographique, cependant le contraste queforment les cratères et les coulées de laves avec les coupoles de granit per-met de fixer aux monts de la Margeride l’une des limites naturelles de la