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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
qui ait reconnu en France des montagnes sœurs du Vésuve et de l’Etna .
Le groupe le plus méridional des volcans d’Auvergne est peu considé-rable : en étendue, il est bien inférieur au Mézenc et aux monts du Yelay ;mais il couronne de scs « orgues » et revêt de ses nappes basaltiques unmassif déjà fort élevé, le plateau granitique d’Aubrac . Vus de la vallée duLot , les escarpements de ce massif, rayés par de nombreux torrents quipoussent devant eux les débris glaciaires, et portant çà et là quelquesrestes de leurs anciennes forêts, surtout des bouquets de hêtres pyramidaux,ont un aspect vraiment formidable; à l’est, le plateau, parsemé de petitslacs et de tourbières, va rejoindre la Margeride par un isthme montueux,qui sépare les sources du Lot et de la Truyère, tandis qu’au nord ils’abaisse graduellement vers la base du Cantal . Le pays est trop élevé pourla culture : il forme un immense pâturage que parcourent en été près de50,000 vaches et 40,000 brebis. De nombreux dolmens, dits « grottes desfées » ou « clapas de magiciens », sont épars sur le plateau ; mais, sauf dansles vallons des rivières naissantes, il n’y a d’autres hameaux que des groupesde « burons » où se fabriquent les fromages. Dans cette partie reculée de laFrance , où l’étranger ne pénètre que rarement, les habitants ont conservéleurs anciennes mœurs, et même une partie du culte païen : encore aujour-d’hui, comme au temps de Grégoire de Tours , les montagnards célèbrent lafête du lac autour de l’étang tourbeux de Saint-Andéol : le deuxième di-manche de juillet, ils s’y rendent en foule pour s’y baigner et se délivrerainsi de leurs maux; ils y jettent des vêtements de malades et des offrandes 1 .
Les divers volcans qui forment les créneaux du pays d’Aubrac ne se dis-tinguent par aucun trait remarquable ; mais vers l’extrémité septentrionalede leurs pentes jaillissent les « Chaudes-Aigues » autour desquelles s’estbâtie la ville du même nom et qui, déjà célèbres, méritent d’obtenirune célébrité plus grande encore. Les cinq sources principales donnentenviron 11 litres par seconde, soit 975 mètres cubes par jour, quantitésurabondante pour tous les usages domestiques et pour le lavage indus-triel des laines de la contrée. En été, les fontaines de Chaudes-Aigues sontutilisées surtout par les malades, tandis qu’en hiver on les emploieavec beaucoup d’intelligence à chauffer l’intérieur de la plupart des mai-sons : des canaux en maçonnerie qui se ramifient au-dessous du rez-de-chaussée permettent de maintenir dans toutes les demeures une doucetempérature et de l’élever même à 26 degrés centigrades 2 : d’après M. Ber-thier, la quantité de calorique fournie annuellement par les fontaines
1 Prunières, Mémoires de la Société d'Anthropologie, tome III, p. 5S2
s Durif, Guide dans te département du Cantal, p. 497.