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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIYLKSLI.LL.

celui des vents humides et des pluies abondantes, atteignaient une lon-gueur de 50 et même de 58 kilomètres, presque double de celle des pluslongs glaciers actuels des Alpes , et s’avançaient tous en dehors du terrainvolcanique. Ils déposèrent leurs moraines frontales sur les roches cristallines;puis aux glaciers succédèrent les torrents, dont le travail continu a été legrand agent de destruction ; sur tout le pourtour du volcan, ils ont creusédes vallées profondes qui entamèrent en divers endroits les formations sous-jacentes aux laves : dans tels sillons érodés par l’eau courante, on voit au-dessous des basaltes des bancs de cailloux roulés, des grès houillers, desmurs de granit. Même au nord de la Dordogne , on voit les restes d’an-ciennes coulées qui sortirent des flancs du Cantal et qui en sont mainte-nant. séparées par la vallée fluviale. Ainsi les « Orgues », qui dressent leursuperbe colonnade au-dessus de la vil'e de Dort, reposent sur une couchede galets qui fut le lit de la Dordogne : la nappe de basalte avait barré lecours du fleuve, qui, après s’être ouvert un chemin, a fini par couler à550 mètres plus bas.

Les ruisseaux qui naissent sur les hauteurs du Cantal divergent autourdu massit de manière à l’étoi 1er régulièrement de vallées extérieures ;mais immédiatement au sortir des gorges où ils ont pris naissance, lestorrents du nord, du sud, même ceux de l’est, décrivent une grandecourbe vers l’ouest pour aller se jeter dans la Dordogne, le Lot ou l’un deleurs affluents; une seule rivière descendue du Cantal , l’Alagnon, esttributaire de l’Ailier. Sa vallée se continue exactement sur le versant op-posé par la gorge de la Cère, et, grâce à ce sillon oblique, il a été rela-tivement facile de construire une route et un chemin de fer à traversle massif du Cantal. Les deux tunnels du Lioran , qui percent la mon-tagne à plus de 1,100 mètres de hauteur, passent l’un au-dessus del’autre à 50 mètres de distance : les matériaux, qu’ont forés les mineurs,scories, cendres, basaltes, phonolithes, trachytes injectés, sont précisémentles roches qu’on s’attendait à trouver et portent les géologues à croireque là était précisément la cheminée d’éruption.

Les flancs de la montagne du Plomb portent encore de belles forêtsde hêtres, de sapins, et dans tout le massif les pentes occidentales, surlesquelles l’eau de pluie ruisselle en plus grande abondance, ont la plusriche végétation. Quelques-unes des coulées, notamment celles des envi-rons de Salers, sont recouvertes d’admirables forêts de haute venue ;assis au bord des ruisseaux toujours emplis d’eau pure, on aperçoit àtravers les branches entre-croisées des arbres les colonnades basaltiquesdes promontoires. Mais sur le versant oriental du massif les bois ne se