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Livre II. La France.
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MENDE, MARVEJOLS, FLORAC .

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des ressources que ne lui procure pas la misérable agriculture des plateaux environnants ;de même que Marvejols, Saint-Alban et la plupart des autres villes et bourgades du Gévau-dan, elle fabrique, pour le vêtement des habitants, des étoffes de laines grossières, ditescadis, serges, escots, et même elle en expédie hors de France. En été, Mende doitune certaine animation au passage des étrangers qui se rendent plus haut dans la valléedu Lot pour y prendre les eaux de Bagnols , classées parmi les sources sulfureuses les plusefficaces de la France. Marvejols, mieux située que Mende , à une moindre altitude et dansune vallée plus fertile, est cependant moins peuplée, sans doute parce qu’elle n’estpoint, comme la capitale, une ville de passage vers les vallées de l'Ailier et de l'Ardèche .C’est dans l'arrondissement de Marvejols, à 1,000 mètres d’altitude, sur un haut affluentde la Truyèrc, que se trouve Javols, ancien chef-lieu des Gabales : on y a découvert beau-coup de débris gallo-romains. Quant à la troisième ville de la Lozère, Florac , l’une desplus petites du territoire français , elle se distingue surtout par la singularité de sa posi-tion, dans un sillon verdoyant arrosé par le Tarnon, entre les montagnes ravinées del’est et le haut rempart du Causse Méjean, que la route gravit en longues sinuosités :une source magnifique, la fontaine du Pêcher, jaillit de la base du grand plateau cal-caire et traverse la ville en cascades bruyantes. Dans l’arrondissement de Florac , sur undes contre-forts méridionaux du mont Lozère, la commune de Vialas exploite des minesde plomb argentifère

Les autres bourgades de la Lozère n’offrent guère d’intérêt que par les souvenirs histo-riques. Près des tristes solitudes du Palais-du-Roi, Chàteauneuf-Randon rappelle la mortde Duguesclin, en 1580; un monument grossier y indique l'endroit où, suivant lalégende, les Anglais auraient déposé sur son cercueil les clefs de la forteresse. Dans lemidi du département, de nombreuses ruines d’églises et de châteaux racontent les com-bats des protestants Camisards et des dragons île Louis XIV . Ces contrées montagneuses,jadis si favorables à une guerre de partisans, le seraient moins de nos jours, car la hautevallée de l'Ailier et le massif de montagnes qui la séparent des bassins de la Cèze et duGardon sont traversés par le chemin de fer direct de Paris à Nîmes ; l’accès du pays estdésormais facile. Cette voie ferrée, qui rattache au reste de la France des contrées naguèrepresque inconnues, est une de celles où l’on admire les plus beaux travaux d’art : un via-duc qui passe, non loin de Yillefort, au-dessus de l'Ailier et de la route de Mende, n’apas moins de 72 mètres de hauteur. De Yillefort à Langogne, ponts, tunnels, tranchéeset remblais se succèdent sans interruption : la nature n’a été vaincue qu’au prix des plusarands efforts

Le département de la Haute-Loire , formé de l'ancien Yelay, auquel ont été ajoutées desparties du Forez, de l’Auvergne, du Gévaudan et du Yivarais, est proportionnellementplus peuplé que la Lozère et beaucoup plus riche; malgré l’altitude moyenne de ses pla-teaux de granits et de laves, la proximité de la voie historique du Rhône et les cheminsnaturels ouverts par les deux hautes vallées de l’Ailier et de la Loire lui assurent degrands avantages. La Haute-Loire possède des carrières et quelques mines; l'herbe excel-lente des hauts pâturages et des basses prairies y nourrit des moutons et des bêtes à

1 Mines de plomb de la Lozère en 1875 : Production, 8,700 quint, métr.; valeur, 287,500 fr.a Communes les plus importantes du département de la Lozère en 1872 :

Mende. 0,900 liab. I Saint-Alban. 2,400 hab.

Marvejols. 4,750 » Vialas. 2,500 »

Langogne. 5,050 » j Florac. ..2,100 »

a.

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