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âge, encore presque semblable à ce qu’elle était au treizième siècle, après sa fondationpar le comte de Toulouse Raymond MI. Parmi ses anciennes maisons, on remarquesurtout celles du grand veneur, du grand écuyer, du grand fauconnier, et la balle, aumilieu de laquelle se trouve un puits de 86 mètres de profondeur; les remparts ont gardéleurs portes monumentales, et dans les environs s’élèvent plusieurs châteaux forts, desmoulins fortifiés et divers édifices anciens. On peut faire un cours complet sur l’archi-tecture du moyen âge à Cordes et dans le voisinage immédiat : il s’y trouve aussi desdolmens et autres débris des Ages préhistoriques.
Les monuments du passé sont également fort nombreux dans la vallée principale dudépartement, celle du Tarn . Sur le plateau qui la domine au sud, près des frontières del’Avevron, le village d'Alban est bâti sur un autre village souterrain, qui servit fréquem-ment de refuge pendant les guerres, et deux menhirs s’élèvent aux environs. Sur le Tarn lui-même, l’ancien château fort et le bourg pittoresque d'Ambialet occupent un isthmede rochers, à la racine d’une péninsule circulaire du fleuve ; enfin Albi , la capitale de lacontrée, la patrie de Lapcyrousc, est une ville très-curieuse pour l’aruliéologue. Celtevieille cité, qui donna son nom aux cathares du Midi , et sur laquelle la colère des Croisésdu Nord tomba d'un si terrible poids, n’a gardé que de faibles restes de l'époque anté-rieure aux Albigeois, mais elle a de beaux monuments des siècles qui suivirent, un ponttrès-remarquable sur le Tarn , des maisons fortifiées, le donjon carré du palais archiépis-copal et surtout la cathédrale de Sainte-Cécile, bâtie en briques, comme toutes les con-structions du Toulousain , mais pourvue d'un magnifique porche du seizième siècle dontla pierre blanche contraste avec le ton rouge de la façade : à l’intérieur, on admire unjubé aux sculptures ouvragées, le plus vaste monument de ce genre qui existe en France ,et des fresques italiennes de la Renaissance. Aux environs d'Albi s’élèvent aussi les toursd’anciens châteaux, et dans le village de Lescure, situé à 5 kilomètres en amont de laville, sur le Tarn , on visite une église du douzième siècle qui passe pour avoir été bâtiepar les cathares, à cause des symboles figurés par ses sculptures. C’est à une faible dis-tance au-dessus de Lescure, près d'Arthez , (pie se trouve le barrage de rochers où se ter-mine le cours supérieur du Tarn : c’est le Saut-de-Sabo, succession de cascades et derapides, de 19 mètres de hauteur totale, où l'on voit s’enfuir en bouillonnant une massed’eau évaluée à 21 mètres cubes par seconde en temps ordinaire 1 .
Déjà fort riche à Albi et très-productive en blés et en vins, la vallée alluviale du Tarn le devient encore plus en se rapprochant des plaines de la Garonne. Gaillac , chef-lieu del’arrondissement qui borne à l’ouest celui d'Albi , était au temps de la domination anglaisele centre de production des vins les plus estimés de tout le bassin de la Garonne 2 ; main-tenant, il est vrai, la réputation de ses crus ne peut plus se mesurer avec celle des vinsbordelais, mais ils sont encore fort appréciés. L’L-le d’Albi , Rabastens, situés plus en aval,également sur la rive droite du Tarn , sont aussi entourés de vignobles, et ont en outrequelque activité industrielle, de même que le bourg de Saint-Sulpice de la l'ointe, bâti auconfluent du Tarn et de l’Agout, à l’endroit où le chemin de fer de Montauban â Castres doit croiser bientôt celui d'Albi à Toulouse .
L’Agout, qui débouche â Saint-Sulpice après un développement d'environ cent quatre-vingts kilomètres, arrose une vallée des plus riches par son industrie. A vingt kilo-mètres de l’entrée se trouve Lavaur, chef-lieu d’arrondissement, qui possède des fila-tures de soie et de coton et des fabriques d’étoffes diverses, tandis que Graulhet, dansune vallée tributaire, celle du Dadou, a pour industrie principale le tannage des cuirs.