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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

En remontant l’Agout, on dépasse Yielmnr, où se rencontrent les chemins descendus desvieilles villes féodales de Lautrce au nord, et de I’uylaurens au sud, puis on entre dansla riche plaine du Castrais , où s’unissent les deux rivières de l'Agout et du Tlioré.

Castres, le grand centre industriel du Tarn , occupe une position géographique très-heureuse : non-seulement elle est bâtie sur l’Agout, près de la jonction des deux vallées,mais encore elle est précisément en face d'une large brèche qui s’ouvre vers les campa-gnes du Toulousain , entre les escarpements granitiques de la Montagne Noire et les col-lines plus basses de Puylaurens. C'est donc à cet endroit, dont le nom rappelle l’existenced'un ancien camp romain, que devaient converger les routes naturelles de communicationentre la région des montagnes et celle de la plaine. Castres a bien utilisé son heureuseposition, quoique sa population, en partie protestante, ait été longtemps privée de touteinitiative par la chambre de l’Édit qui siégeait à Castres et veillait à la « pureté de la foi »dans toute la province. I.’Agout, coupé de barrages, d’où l'eau s’écroule en puissantes mas-ses, est bordé des deux côtés par des établissements industriels, filatures de laine, fabri-ques de toiles et de draps, teintureries, tanneries, papeteries, ateliers de construction 1 .

Des deux vallées du Castrais, celle du Thoré, qui longe la base septentrionale de laMontagne Noire, est la plus active par son mouvement industriel. C’est là que se trouveMazamet , la rivale de Castres pour la fabrication des draps. Au commencement dusiècle, c'était encore un faible village; mais vers 1850 l’industrie des lainages com-mença d’y prendre de l’importance, et maintenant les filatures de laine, les manufactures(t'étoffes diverses et autres usines ont transformé la ville en un centre considérable avantdes relations de commerce, non-seulement avec tout le Midi et le reste de la France , maisencore avec l’étranger. Sur le haut Thoré, Saint-Amans-Soult, où naquit l'illustre soldatdont le bourg a pris le nom, et la Bastide-Rouairoux , près duquel se trouve un beaudolmen , possèdent aussi des fabriques de draps. De même les villes du haut bassin del’Agout demandent à l'industrie l’aisance que ne pourrait leur procurer la culture deshauteurs environnantes, Roquccourbc, située à l’origine d’un long méandre de la rivière,entre les contre-forts du plateau de Sidobre et les collines de Montredon, couronnées devieilles tours, a des fabriques de bonnets, de bas, de chapeaux, d’étoffes et de cuirs ;\abre, dans une vallée latérale, a des filatures de coton et de laine; quant à Lacaune,bâtie déjà sur l'un des hauts plateaux cévenols, elle exploite des marbres, élève desmoulons et fabrique des fromages imités de ceux de Roquefort.

A l’extrémité occidentale de la Montagne Noire se trouve encore une ville dépendantadministrativement d'Albi : c’est la pittoresque Sorèze, devenue célèbre par son college,que fondèrent les Bénédictins à la lin du seizième siècle. Aux environs, on visite, en decharmants vallons, les bassins alimentaires du canal du Midi 2 .

Le département qui a pris son nom de la rivière du Lot est formé de la plus grandepartie de l’ancien Qucrcy ou pays des Cadurques, et constitue une région naturelle assez

1 Industrie des laines dans le département du Tarn en 1875 :

551 manufactures, 8,177 ouvriers, 100,000 broches, 4,400 métiers.

2 Communes urbaines les plus importantes du Tarn en 1872 :

Castres. .Albi. . .Mazamet ..Caillac. .Lavaur. .

25,450

hab.

Graulhet..

17,450

»

l’uvlaurcns.

15,950

»

Rabastens. .

7,850

Carmaux.

7,550

»

L’Isle d’Albi

6,550 hab,5,500 »5,500 »5,000 »4,625 »