402
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
la légende chrétienne ne peut aller au delà de Zacliée, qui aurait apporté lui-même kVierge Noire de Hocamadour, mais on présume qu’aux temps gaulois le site était déjà unsanctuaire fréquenté. Au moyen âge, des richesses immenses s’étaient accumulées dansles églises du rocher, et de nos jours la piété des pèlerins ne cesse de l’enrichir encore.L’ensemble des édifices religieux, anciens et modernes, les maisons du bourg qui sem-blent suspendues au roc, les portes ogivales, les escaliers tournants, les anciennes fortifi-cations, le vieux château fort qui se dresse au sommet du promontoire et qui dominetoute la « vallée Ténébreuse » de l’Alzou, forment un paysage étrange et pittoresque.
Gramat, la ville la plus rapprochée de Rocamadour et située comme ce village prèsde l'Alzou, est aussi d’origine gauloise, à en juger par les tombelles des environs.Elle a des eaux minérales fréquentées, et parmi les gouffres du voisinage il en est un quil'appelle pîtr son aspect la fameuse « fontaine d'Italie )>, près d’Alatri : c’est le gouffre deBède. Le fond de l’espace effondré est occupé par des cultures qu’ombragent de superbesnoyers, mais les agriculteurs ne sont pas obligés de s’y faire descendre par des cordes ;une étroite fissure du rocher permet de s’y introduire avec des animaux de labour.
Immédiatement au-dessus de la vallée de l'Alzou et contrastant avec elle par sa nudité,s’étend le grand causse du Lot , où, sauf les entonnoirs, les tertres funéraires et lesdolmens, tels que celui de Pierre-Martine, près de Livernon , le voyageur n’a rien à visi-ter ; mais du moins, quand le temps est clair, peut-il, du haut des éminences du pla-teau, distinguer un immense horizon, du puy de Dôme au Canigou, et de cette cime auA ignemale. En des bourgs les plus peuplés du causse, la Bastide, s’est donné le surnomde Murat en l'honneur du plus célèbre de ses enfants. La ville la plus importante de larégion, Gourdon , ne jouit pas d’une vue aussi grandiose que les villages supérieurs ;quoique la ville haute, entourée d’anciens remparts et de promenades modernes, dominela profonde vallée du Bleu, elle ne s’élève pas à la hauteur des plateaux qui la séj arenldes campagnes riveraines du Lot .
Caliors, l’antique Divona gauloise, ainsi nommée d’une « divonne » ou source qui jaillitde la base du rocher et s’épanche en cascades dans le Lot , a repris l’appellation des anciensGaulois Cadurques, dont elle était la capitale : c’cst la patrie de Clément Marot . Elle a gardéquelques vestiges de l’époque romaine et de beaux monuments du moyen âge, remparts,cathédrale, vieilles maisons, et surtout le pont Yalcntré, surmonté de tours de défense. Auxtemps des Romains, le commerce de Caliors consistait surtout en toiles de lin et en matelasqui s’expédiaient dans tout le monde civilisé sous le nom de cadurcnm. De nos jours, legrand objet d’échange des négociants de Caliors consiste en vins, soit pour la consom-mation, soit pour le coupage des vins de Bordeaux. De l’est à l’ouest du département, deCajarc à Puy-l’Evèque, toute la vallée du Lot est riche en vignobles, dont quelques-unsproduisent d’excellents crus, grâce à l’exposition favorable que leur donnent les méandresdu Lot . Quelques roches de l’oolithe moyenne des environs de Caliors ont aussi prisdepuis peu une valeur soudaine à cause de leurs gisements de phosphate de chaux, conte-nant en moyenne de 70 à 92 pour 100 de matière pure : de même qu’à Saint-Antonin età Caylus, dans les causses du Tarn-et-Garonnc, ces phosphates d’origine minérale emplis-sent de véritables poches que les carriers sont devenus très-habiles à découvrir. Lesfouilles ont mis à découvert une faune tertiaire d’une très-grande richesse et qui peut secomparer à celle du Léberon et de Pikermi E
Presque tous les bourgs et villages de la région vinicole du Quercv et des plateauxaccidentés du sud, Cajarc, Mercuôs, Luzech , Puy-l’Évèque, Montcuq, Castelnau de Mon-tratier, sont embellis par les ruines d’anciennes fortifications et de châteaux. Luzech .
1 Daubrée ; — E Trutat, Noies manuscrites.