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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

gardien de ces passages supérieurs, et par suite son importance stratégique tut longtempsconsidérable : au moyen âge elle était la capitade du Carladès, terre de lranc-alleu quicomprenait, de Maurs à Murat, une grande partie du Cantal , et s’étendait même dansle Itoucrgue jusqu'à la vallée de la Truyère. Le château de Carlat, dont il ne reste plusque d’insignifiants débris au sommet d’un haut rocher de basalte, domine un petit affluentde la Truyère; il lut rasé par ordre de Henri IV , qui voyait avec déplaisir cette puis-sante forteresse au cœur de la liante Auvergne-.

Parmi les autres bourgades de l'arrondisscmenit d'Aurillae, Maurs, sur la route de Figeac,dans une vallée tributaire du Lot , est la plus importante : la vente des blés, des fruits etdes châtaignes, des jambons, des clous et des toiles donne à ses foires une très-grandeanimation. Dans l’arrondissement de Mauriac , qui se trouve en entier sur le versant de laDordogne , et se prolonge au nord vers le plateau de l’Artense, les terres sont fort élevées enmoyenne et ne présentent guère que des forêts et des pâturages ; par suite l’industrie localeconsiste dans l’élève des bestiaux et la fabrication des fromages. La race bovine de Salers,ainsi nommée d’une petite ville d’aspect encore tout féodal, s’élevant à près de mille mètresd’altitude sur un promontoire de basalte, est l'une des plus renommées de la France :d'admirables troupeaux, qui parcourent les pâturages environnants, ont rendu célèbresparmi les éleveurs les noms des villages de lliom-ès-Montagnes, de Fontanges, de Saint-Paul-de-Salcrs. C’est aussi à son commerce de bêtes à cornes, de mulets, de chevaux, demoutons, que .Mauriac , le chef-lieu de la contrée, doit son mouvement d’affaires; l'indus-trie proprement dite n’est représentée dans le pays que par des toiles vendues aux mar-chands du Languedoc et des articles de hoisscllerie. Sans villes considérables, sans établis-sements industriels, cette partie du Cantal est une des régions de la France qui ont lemieux gardé leur parure première de forêts et de bois, et cette végétation est encoreembellie par le contraste des eaux abondantes, presque toujours pures, qui courent dansles vallons et s’élancent du haut des rochers en charmantes cascades ‘. Quelques débrisépars dans ces beaux sites rappellent les temps antérieurs à l'histoire. Près du village deTrizac, on reconnaît, au milieu des bois de Cotteugue, les restes d'une cité gauloise,tandis que sur la place même d’Anglards, à l’est de Mauriac , se trouve un dolmen, auxquatre piliers de basalte supportant deux larges dalles.

Sur le versant oriental du Cantal , les arrondissements dont Saint-Flour c‘ Murat sontles chefs-lieux n'ont point la beauté champêtre et les sites grandioses des pentes opposées :la Planèze est un pays certainement fort riche en céréales, un « grenier de l'Auvergne »,suivant l’expression consacrée, mais un plateau sans accidents naturels, aux horizonsgrands et tristes. Les croupes arrondies de la Margeride, celles des monts du Luguetet du Cézallier sont aussi très-uniformes et les vallons verdoyants y sont beaux surtoutpar le contraste; quant aux vallées de la Truyère et de l’Alagnon, elles offrent çà et làdes sites fort remarquables à cause des promontoires de basalte qui les dominent. Une deces falaises est celle qui porte Saint-Flour, la ville la plus connue de la haute Auvergne,celle qui passe, bien à tort, aux yeux des Parisiens comme le point de départ de tous lesémigrants du Cantal , sans doute à cause de son ancienne importance comme citadelle de1 Auvergne et comme ville épiscopale : elle a perdu ses remparts, mais elle est devenue, àla place d'Aurillae, le chef-lieu judiciaire du département. En France , on a également1 habitude de considérer Saint-Flour comme un grand atelier de chaudronnerie, quoiqueprécisément cette industrie soit à peine représentée parmi les Saint-Florins; le faubourgmanufacturier, situé au pied du rocher que surmonte la haute ville, comprend surtoutdes fabriques de poteries, de couvertures, et d’étoffes connues sous le nom de « marègues ».

1 F. de Lanoye, Voyage aux volcans de la Fiance centrale (Tour du Monde, 18(30).