496 NOUVELLE GÉOGRAPUIE UNIVERSELLE.
armées jouissaient d’une autonomie relative et ne payaient ni tailles nigabelles.
L’ancienne « marche » ne se distingue plus des contrées voisines par lesinstitutions et les mœurs des habitants. De même le « Bocage » et la Vendée du nord ne peuvent manquer de se transformer pour devenir de plus enplus semblables aux campagnes environnantes. Depuis un demi-siècle, laphysionomie de cette partie de la France a déjà beaucoup changé, grâce àl’élève des bestiaux qui a fait la fortune du pays. Les ajoncs, les genêts, lesmauvaises herbes y sont devenus rares. Chaque paysan, propriétaire d’unchamp, a sa vache paissant l’herbe de la cheinlre, son cochon qu’il nourritpendant l’hiver des feuilles récoltées sur les ormeaux des haies, ses deuxbœufs qu’il sait animer au labour en « notant », c’est-à-dire en chantantdes mélodies fort douces et d’un charme pénétrant, Gevaert affirme que cesairs rustiques n’ont que deux ou trois siècles d’existence, fait de la plushaute importance dans l’histoire intime de l’humanité, s’il était possible dele mettre hors de doute '.
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La Charente, le seul cours d eau d’entre Loire et Garonne qui ait quelquedroit au litre de fleuve par l’étendue de son bassin et le volume de ses eaux,reçoit ses premiers ruisselets des plateaux granitiques du Limousin , au sudde Iiochechouart ; sa principale source jaillit près du petit village de Ché-ronnac et prend le nom de Chérente qui, dans l’idiome local, est celui de larivière elle-même. Celle-ci coule d’abord dans le voisinage immédiat dela Vienne , dont la sépare une étroite rangée de collines, puis serpenteparallèlement au Gain, la charmante rivière de Poitiers , dont les eaux,chères aux baigneurs, tantôt emplissent des gouffres profonds au pied defalaises circulaires, tantôt s’étalent sur des bas-fonds en bruissant à traversles roseaux. Par un bizarre contraste géographique, la Vienne suit la pentede l’est à l’ouest dans toute la partie supérieure de son cours, comme sielle devait déboucher directement dans l’Océan ; la Charente , au contraire,s’écoule vers le nord-ouest, comme pour se déverser dans la Loire ; puiselle se retourne brusquement vers l’occident, perce les roches du plateauqui l’arrêtait et se développe vers le sud en déroulant scs méandres dansune large vallée de prairies aux innombrables peupliers.