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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Poitou, après avoir parcouru d'anciens marais partiellement mis en culture; l’autre s’é-coule dans la Loire , ainsi que le Thouct, cours d'eau sinueux un peu plus abondant. Lesdeux régions naturelles du pays sont la montueuse Gàtine, occupant environ les deux tiersdu département, au nord et au centre, et la Plaine, dont les campagnes accidentées s’in-clinent de la partie méridionale des Deux-Sèvres vers le bassin de la Charente . La nature dusol gâtinais, assez ingrat là où le cultivateur ne l’a pas amendé au moyen de. chaux, nepermet pas à la contrée de comparer sa production agricole à celle des départements dela Loire et de la Garonne , mais l’élève des chevaux, et surtout celle des mulets, y a prisune grande importance. Les principales industries locales sont celles de la peausserie etde la fabrication des étoiles; elles ne sul’lisent pas toutefois à nourrir de nombreusespopulations, et les Deux-Sèvres sont restées parmi les parties de la France où le nombredes habitants est relativement le moins fort. La proportion des protestants, plus élevée quedans tous les autres départements du Centre cl du Nord, y est d’un neuvième environ'.

Il n'y a point de ville populeuse dans cette région de la Plaine dont les eaux s'écoulentvers la Charente par la Boutonne, et qui constitue la plus grande partie de l’arrondisse-ment de Melle. Le chef-lieu même est une simple bourgade, fort curieuse d’ailleurs parses vieilles églises romanes; on y voit encore quelques débris de l'ancien hôtel des mon-naies, qui valut à Melle, son nom (Jlelallum) à l'époque carlovingienne. Ce sont les pay-sans des environs de Melle et de sa voisine la Mothc-Saint-Ilérayc qui possèdent les plusbeaux ânes étalons, connus dans le pays sous le nom de « bardoux », et qui vendent lesplus belles mules aux acheteurs du Dauphiné, de la Provence et de l'Espagne . Les tombclleset les pierres sacrées sont fort nombreuses dans le district de la Mothe-Saint-lIérayc ; undolmen est érigé tout près de l'endroit où la principale source de la Sèvre jaillit du litmême du ruisseau qui porte ce nom. La Motlie, qui est avec Saint-Maixent le centre prin-cipal de la population protestante dans les Deux-Sèvres , a des fabriques d'étoffes et d'im-portantes minoteries.

En aval de la Mothe-Saint-Hérayo, la Sèvre passe au pied de la colline qui porte Saint-Maixent, ville fort déchue depuis la révocation de l'édit de Nantes , mais possédant encoredes filatures de laine; l’élève des chevaux est l'une des grandes industries de la contrée.Niort , le chef-lieu du département et sa ville principale, est également situé sur la Sèvre,à laquelle elle a valu le surnom de « Niortaise ». Sa position géographique est fortavantageuse : elle se trouve sur une rivière qui commence à devenir navigable, préci-sément au point de contact des collines jurassiques et des terres d'alluvion, à l'extré-mité de l'ancien golfe du Poitou : c’est un lieu d'échange naturel à cause des produc-tions diverses des terrains juxtaposés. Les maisons de la ville basse sont dominées par lahaute flèche ogivale de l’église de Notre-Dame et par les deux énormes masses quadran-gulaircs d'un donjon, restes du château fort élevé par les Anglais. Niort n'offre pas, aupoint de vue archéologique, le même intérêt que Poitiers , l'ancienne capitale, de la province,mais elle a une activité industrielle beaucoup plus grande : elle s’occupe surtout de la pré-paration et de l'emploi des cuirs et des crins, de la fabrication des gants, des brosses, descotonnades, des instruments agricoles. Ses jardins maraîchers sont renommés pour les arti-chauts et d’autres légumes; les champs d’oignons s’étendent à eux seuls sur une centained’hectares. Des allées ombreuses du jardin public, serpentant sur le versant d’une colline,au-dessus de la Sèvre et des rideaux de peupliers qui la cachent à demi, on peut con-templer la ville sous ses divers aspects. C'est à Niort que naquit Mme de Maintenon.

Parthenay, chef-lieu de l’un des quatre arrondissements des Deux-Sèvres , est déjà dans

Superficie des Deux-Sèvres.6,000 kilomètres carrés.

Population en 1872.

551,250 habitants.

Population kilométrique.

55 habitants.