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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

pays se trouve ainsi régulièrement découpé en losanges. La plupart desvilles et des bourgades sont bâties en longueur, au bord des routes maî-tresses qui se dirigent du sud-est au nord-ouest. 11 est des villages dont lesmaisons, entourées de jardins et de vergers, se succèdent de part et d’autredu chemin sur une longueur de plusieurs kilomètres, sans autres rues la-térales que des sentiers. On cite notamment les villages d’Aliermont, dansl’arrondissement de Dieppe, qui se continuent bout à bout en une seule ruede 15 kilomètres de longueur.

Il est à remarquer aussi que toutes les vallées de la haute Normandie ont leur versant de droite plus escarpé que celui de gauche. M. de Lam-blardie pensait que l’exposition respective des deux versants est pour unecertaine part dans la différence des pentes : les collines de droite, tournéesvers le soleil du sud et de l’ouest, garderaient l’Apreté de leurs saillies, àcause de la rapidité avec laquelle la pluie s’évapore sur les escarpements,tandis que, sur le versant opposé, l’humidité séjourne longtemps et faitcouler les terres vers le bas en talus allongés. 11 se peut que cette causesoit pour quelque chose dans le contraste des deux versants; mais il fautvoir dans celte opposition des pentes surtout un effet de la rotation de laterre et du déplacement que devaient eu conséquence subir les ruisseaux,jadis beaucoup plus abondants, en déviant uniformément vers leur droitedans l’hémisphère septentrional. C’est là un phénomène identique à celui(pie présentent avec tant d’évidence les vallées ouvertes à travers les talusde déjection des Pyrénées 1 .

IV

La forme des côtes, de même que celle des vallées, est une preuve de larégularité de l’œuvre géologique accomplie dans cette partie de la France .Dans son ensemble, le littoral du Havre à Dieppe se développe en une courbeélégante, et cette courbe convexe est suivie, de Dieppe à Boulogne et aucap Cris-Nez, par une courbe concave d’un tracé non moins gracieux : cettepartie des rivages français a la pureté des contours que demanderait la sta-tuaire.

Et pourtant il est peu de rives continentales où la puissance destructivede la mer s’exerce avec plus de succès. Du Havre au bourg d’Ault , entrela Bresle et la Somme , la côte présente partout à l’Océan la paroi verticalede ses roches crayeuses à bandes de silex. L’énorme muraille, de GO à 100

1 Voir ci-dessus, p. 115.