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Livre II. La France.
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NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE .

Société (l’Anthropologie, beaucoup plus récente, mais la «première entre ses pareilles »par son ardeur au travail et la portée de ses recherches. Ce qui manque aux sociétéssavantes de Paris , c’est un lien commun : elles n'ont entre elles qu'une faible cohésion,et même Paris ne possède pas, comme plusieurs villes d'Europe , de beaucoup ses inté-rieures, de palais central où tous les journaux, tous les recueils contemporains soient àla disposition des hommes d'étude, savants, artistes, industriels. Les Tuileries recon-struites pourraient, unies au Louvre, devenir ce palais des sciences et des arts ; c’estalors que Paris serait vraiment une cité sans rivale.

Par son industrie, Paris est aussi l'une des grandes villes de l'univers. Marché principaldes capitaux après la place de Londres, Paris dispose des milliards qui viennent s’y concen-trer, et c’est aussi là, par l'effet de la centralisation des impôts, que l'Etat reçoit et dé-pense une partie fort considérable de son budget. Le gouvernement possède à Paris de très-vastes usines pour l'entretien des troupes, et de grands travaux militaires oucivils se font toujours sur les terrains qui lui appartiennent. La ville de Paris continueaussi l'œuvre immense de sa reconstruction : il lui faut élargir et rectifier ses rues, ou-vrir des boulevards à travers les quartiers malsains, jeter de nouveaux ponts sur la Seine ,construire ou réparer des édifices municipaux. La transformation de la ville est déjà bienavancée, mais le travail est sans cesse à recommencer, et quelques-uns des organes essen-tiels à toute grande cité moderne, tels qu'une gare centrale et un hôtel des postes dignede ce nom, manquent encore à Paris . Pour ses vastes entreprises de restauration et d'en-tretien, la capitale a dû se charger d'un énorme budget, comparable à celui des grandsEtats, et d'autant plus lourd à porter pour les citoyens que la dette doit être acquittéepar des impôts d'octroi pesant sur toutes les denrées de première nécessité 1 2 .

Malgré le haut, prix des loyers et de la main-d’œuvre, le département de la Seine par-ticipe à toutes les grandes industries nationales, même à celles qui demandent une surfaceconsidérable de terrain. Il dépasse toutes les autres circonscriptions de la France pourquelques-unes des grosses fabrications, notamment pour les machines, les fontes mou-lées, les cuivres, le sucre raffiné, les bougies*. Le faubourg de Puteaux produit à luiseul plus d'étoffes de laine que n’en fournissait toute la France au temps de Colbert .Toutefois Paris se distingue bien plus par ses ateliers que par ses manufactures, et laplupart de ses ouvriers sont des artisans, des artistes même, et non pas des manœuvres.Les divers produits qui font la gloire de Paris , la bijouterie, l'orfèvrerie, Péhénisterie,les bronzes, les gravures, les livres, les dessins, les photographies, les instruments deprécision et de chirurgie, les armes de luxe, les horloges, les balances, les préparationsanatomiques, et les objets innombrables désignés sous le terme général « d'articles deParis », demandent tous un travail intelligent et soigné, qu'on n'obtiendrait pas dans les

1 Budget de Paris , 1797: 500,000 fr.; 1830, -U,000.000 fr.; 1871, 226,630,000 fr., soit122 IV. par hab.

Dette municipale, en capital remboursable : 1807, 8,000,000, fr.; 1852, 116,000.000 fr.; 1870,1,981,500,000 fr., soit 1,000 fr. par hab. Service de la dette en 1876 : 107,000,000 fr., soit59 fr. par hab. Octroi en 1870 : 118,250,000 IV.

2 Grandes industries à Paris en 1873:

Production du fer (fonte, fer, acier).» du cuivre. ......

» du verre. ......

>' des bougies.

» des savons. .....

;> du sucre raffiné ....

500,000 quint, métr. Valeur77.750 >' ’•

84,00080,500491.000

1,104,000 »

25,150,000 fr.19,825,000 »21,450,000 »12,500,000 »85,409,000 »105,000,000 »