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Livre II. La France.
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PARIS .

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immenses usines où les ouvriers travaillent connue simples auxiliaires de la machine.Les grands établissements industriels que l’Etat possède à Paris, les Gobelins, la Monnaie .l'Imprimerie nationale, doivent aussi laisser une certaine initiative à l'ouvrier, ipiellesque soient d’ailleurs les règles de la discipline officielle. Du reste, ce qui fait l’excel-lence de l’industrie parisienne , c’est l’atmosphère d'intelligence et d'art qui l’entoure.Les bronzes, les meubles, les bijoux de Paris doivent la supériorité incontestable qu'ils ontsur toutes les industries similaires dans le reste du monde au milieu où vivent les ou-vriers qui les fabriquent. Les procédés, les formes et les dessins se renouvellent sans cesse,et l'on y voit se succéder les nuances les plus fugitives de la mode, contenues par les règlesdu goût le plus délicat. C'est par centaines que des inventeurs et des artistes, entraînés parla passion du beau, travaillent dans une indépendance solitaire, et presque toujours obscu-rément, aux progrès de l'industrie. Souvent opprimés par la misère, exploités par des spé-culateurs habiles, plusieurs d’entre eux meurent à la lâche, mais non sans avoir fournileur part aux progrès qui font la prééminence de Paris parmi les cités du travail *.

O 11 pourrait croire que le département de la Seine , en grande partie couvert de maisons,d'usines, de forteresses, de parcs et de bois de plaisance, est presque sans aucune agricul-ture. Bien au contraire ! Malgré le peu d’étendue de scs terrains productifs, la Seine n'estpas la circonscription française dont les denrées ont la moindre valeur ; telles sont l’in-telligence et l'industrie des cultivateurs de la banlieue parisienne , que leur petite zone dechamps, de jardins, de vergers dépasse en importance économique les districts de Cannes ,de Crasse, de Nice et de toutes les Alpes-Maritimes *. Malgré la cherté des terrains, on lescultive çà et là en céréales aux environs de Paris, et les coteaux de Suresnes , on le sait,sont couverts de vignobles; mais la valeur du sol est telle, qu'à moins d’avantages excep-tionnels nulle récolte unique dans l’année ne peut suffire au travailleur; il lui en fauten moyenne cinq ou six, et même certaines cultures lui en fournissent davantage : on retiredu sol jusqu’à onze « saisons » 1 * * * 5 . Les maraîchers de Paris et des environs cultivent de nosjours près de quatorze cents hectares divisés en dix-huit cents jardins, et ces petits enclos,ijue leurs possesseurs travaillent avec un acharnement presque sans exemple, fournissent in-cessamment aux marchés de Paris des légumes de toute espèce. Pour le jardinier parisien,véritable créateur, il n’est pas de mauvaise terre : par des amendements et des engraisdosés avec soin, par l’arrosage à divers degrés de température, par l’habile rotation desplantes cultivées, le terrain, quel qu’il soit naturellement, est toujours amené ou main-tenu à l'état de production forcée. Quand on approche de Paris en wagon de chemin defer et qu'on traverse l'étroite zone des jardins extérieurs avec leurs espaliers, leursplates-bandes, leurs sentiers, leurs maisonnettes, le tout si petit, mais en même tempssi bien tenu qu’on dirait une sorte « d'article Paris » agricole, on est étonné d'apprendreque ce faible espace contribue pour une part très-considérable à l'alimentation de Paris ,et que Londres même s’y approvisionne d’une grande quantité de primeurs. D’ailleursl’industrie maraîchère dont les produits arrivent chaque matin sur le pavé des halles pa-risiennes, s’est depuis longtemps étendue en dehors de la banlieue et du département,surtout aux environs d'Argenteuil et de Pontoise , mais les jardiniers du dehors arriventtoujours aux halles après leurs confrères parisiens .

1 Nombre des ouvriers à Paris en 1872. 495,200

Total de la production en 1800 . 5,570,000,000 fr.

Salaire moyen de l’ouvrier en 1805. 5 fr. 82 ; en 1870, 4 fr. 99

» » l’ouvrière, » . 2 12 » 2 78

{Enquête de l'Assemblée nationale en 1872.)

* Voir ci-dessus, p. 517.

5 E. dilaté. Notes manuscrites.