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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

largos croupes et de hauteurs en forme de dômes : le point le plus élevé dece massif, le Nagy Hargila, ou Nagy Havas (Grand Neigeux), a plus de1,700 mètres d’altitude. Des plaines magnifiques, fonds d’anciens lacs nonmoins vastes que ceux des Alpes suisses , le Gyergyo, le Csik, le llâromszék,séparent les Carpatcs des massifs du plateau et par l’uniformité de leurscampagnes en culture contrastent avec les brusques escarpements des montsnoirs de forêts. Chacune de ces plaines, sorte de réduit isolé dans la grandeforteresse de Transylvanie , semblait préparée d’avance à devenir la de-meure d’un groupe distinct de population, et sans doute ce contraste desplaines, des montagnes, du plateau, a contribué pour une forte part à main-tenir les différences de races et de langues dans cette région reculée desCarpatcs.

l'n angle soudain termine la chaîne orientale, au sud de la plaine dellâromszék, et là commence la chaîne des Alpes transylvaines. Par la hau-teur de ses cimes, ce groupe est le deuxième du système des Carpatcs; sapointe la plus élevée, le N'egoï, n’est dépassée que d’une centaine de mètrespar le pic suprême du Tâtra. 11 est vrai que ce dernier massif est aussi plusabrupt, plus déchiré de précipices, plus hérissé d’aiguilles, plus riche enplaques neigeuses; mais les Alpes transylvaines, dont la grande masse est,comme celle du Tâtra, formée de roches cristallines, ont un aspect à lafois plus sombre et plus majestueux. Des plaines de Fogaras , que parcourtla gracieuse ri\ière Aluta (Oit, Ollo), la chaîne apparaît dans toute samajesté : on se croirait vraiment dans les Alpes suisses, si les pentes entre-mêlaient plus de pâturages aux forêts, si les chalets se montraient çà et làsur les promontoires. Moins explorées que le Tâtra, les Alpes de Transvl-vanie ont aussi beaucoup plus gardé ce caractère de nature vierge que tôtou tard, bientôt sans doute, leur fera perdre le déboisement. Les ours ysont tort communs, et l'on y rencontre de nombreux troupeaux de cha-mois, ainsi que des marmottes. Le Tâtra est loin d’être aussi fortementpeuplé d’animaux sauvages; cependant quelques ours y font encore desdégâts dans les troupeaux et dans les champs d’avoine; naguère les cha-mois et les marmottes, poursuivis à outrance par les chasseurs, étaientmenacés de disparaître complètement. En 18(15, d’après le montagnardNowicki, le lâlra aurait possédé au plus cinq familles de marmottes et sixou sept chamois; mais, l’année suivante, la chasse en fut sévèrement défen-due et les deux races se sont accrues de nouveau 1 . Quant au bouquetin, il acertainement disparu de toutes les Carpatcs. D’après l’Anglais Boner, le

Attila do Gérando, Revue de Géographie, avril 1877.