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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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ment du type asiatique : la cause en serait au climat, devenu plus extrême.La guerre est aussi pour quelque chose dans cette invasion des plantesétrangères. Ainsi, depuis 1840, presque tous les champs de Transylvanie laissés en Triche sont couverts de chardons épineux (csimpaj ou xanthiumspinosum ) qui donnent à la campagne une teinte grisâtre désagréable à voir.Ces chardons envahisseurs sont désignés par les paysans magyars et rou-mains sous le nom « d’épines moscovites » (muszka tôcis, spinu muscalesc).Si l’on en croit le hruit populaire, ce sont les chevaux des Cosaques qui enont apporté les graines, attachées à leurs poils, et qui ont laissé dans lepays ce souvenir de la fatale année de conquête et de massacre : il est cer-tain que ce chardon n’existait pas en Transylvanie avant 1850 '.

Comme ces plantes d’origine étrangère, le peuple qui habite la plus grandepartie de l’ancien lac danubien est venu des steppes de l’Orient. Pris dansleur ensemble et sans tenir compte de la diversité des tribus et de leur ori-gine, les Magyars, ce peuple errant dont le nom signifierait pourtant « indi-gène », Fils de la terre 8 , semblent être les frères des Finnois et des Osliaks,des Yogules, des Mordvines, et quoique de nos jours devenus parfaitementeuropéens par la civilisation, ils sont encore « Touraniens », sinon par letype, — qui est fort beau, mais que de nombreux mélanges rendent biendifficile à discerner, si ce n’est dans les campagnes, — du moins par leurslégendes, leurs traditions, quelques restes des anciennes mœurs et surtoutpar leur langue, d’origine finnoise. Tandis que dans toutes les autres partiesde P Europe les envahisseurs ouralo-altaïques n’ont fait que passer ou sesont bientôt perdus au milieu des populations environnantes, ils se sontsolidement établis dans la plaine des Carpatcs. Dans cette mer d’herbes,sans limites visibles, les Hongrois ont retrouvé leurs steppes de l’Orient; ilsont pu y rester eux-mêmes, y garder longtemps leurs mœurs de nomades.

Toutefois ce n’est point uniquement la plaine qu’habitent les Magyars;ils occupent aussi mainte région montueuse de l’amphithéâtre des Car-pales. Ethnologiquement, le pays des Hongrois est assez nettement limité,au sud-est par le cours de la Drave et de la Mur, à l’ouest par les dernierscontre-forts des massifs alpins, au nord par tous les groupes avancés desCarpates, à l'est par les montagnes de Bihar , enfin au sud par la zone basseparsemée de marécages que traversent dans leur cours inférieur la Maros et la Tisza . Cinq millions de Magyars habitent en masses compactes cette

1 Rodiczky ; — Attila de Gérando, Notes manuscrites.

- Édouard Sayous, Histoire générale des Hongrois, t. I, p. 5.