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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
redoutables Huns, devant lesquels se prosternèrent en sujets tous les anciensmaîtres du pays, slaves ou germains. Le campement principal d’Attila étaitau centre de la grande plaine, entre le cours de la Tisza et celui duDanube . Parmi leurs nombreux ancêtres, les Hongrois de nos jours aimentsurtout à citer ces Huns qui firent trembler le monde romain; mais cesconquérants passèrent comme une rapide inondation sans laisser de tracesprofondes. Les Avares, qui dominèrent pendant deux siècles et demi lespeuples de la Dacie et de la Pannonie , ont eu sans doute une influenceplus durable, quoique leur force et toute leur cohésion politique aient étédétruites par Charlemagne . Du reste, telle était la terreur dont les hommesavaient été frappés par le passage des Huns, que la Hongrie garda son nomde « Ilunnie » sous le régime des Avares, et les Magyars eux-mêmes, quandils paraissent pour la première fois dans l’histoire au milieu du neuvièmesiècle, sont appelés à la fois « Hongrois » et « Huns ». Les Byzantins leurdonnent le nom de Turcs 1 .
Ni Huns ni Turcs, les Magyars se seraient séparés de la souche fin-noise à l’époque où ils vivaient encore de la chasse et de la pêche et oùils ne connaissaient que le chien et le cheval comme animaux domesti-ques : c’est là ce qu’indiquent les radicaux de leur dialecte et des languesfinnoises. Plus tard, ils semblent s’être associés à des populations turques,leurs supérieures en civilisation, et, grâce à elles, ils apprirent à connaîtrel’élève du bétail, l’agriculture, l’économie domestique; mais c’est en Hon-grie même que se compléta le trésor de leur langue, lorsque les fils d'Arpâd,repoussés vers l’Occident par les Pétchénègues, — les Peincenez de la chan-son de Roland, — se furent établis aux bords du Danube , et qu’ils se trou-vèrent en contact avec les Slovènes de la Pannonie ; ceux-ci devinrent peuà peu des Magyars par les mœurs et la langue, mais, en s’unissant au peupleconquérant, ils lui donnèrent tous les mots relatifs au milieu géographiqueet social où il venait d’entrer. Des centaines de noms relatifs à la religion,à l’Etat, à l’agriculture, aux métiers de toute espèce, aux vêtements, à lanourriture, à la navigation fluviale, disent combien grande a été l’influencede ces populations slaves sur la civilisation magyare 2 .
On peut s’étonner de la singulière force de résistance dont ont fait preuveles Hongrois , entrés dans la contrée sous la conduite d’Arpâd, au nombre d’en-viron deux cent mille hommes. Changeant de sol et de climat, ils ont pu, endépit de toutes les races hostiles des alentours, constituer une nationalitédistincte, ayant sa langue, une riche littérature, une histoire politique indé-
1 Vliklosic, Paul Ilunfalvy, Ethnographie von Vngarn , trad. Schwickcr, p. 171 el suiv.
3 Même ouvrage, p. 145 et suiv.