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la contrée étaient l’œuvre des bourgeois eux-mêmes : ils n’eurcnt point àsubir le régime féodal
Quoique l’isolement des « Saxons » ait été complet pendant cinq ou sixsiècles, ces colons ont mieux conservé leur langue et leurs mœurs que beau-coup d’autres groupes de compatriotes plus rapprochés de la mère-patrieet moins cernés par des populations distinctes. Ce phénomène doit être attri-bué sans doute à la grande supériorité de connaissances que les immigrantsflamands, rhénans et saxons avaient sur leurs voisins de Transylvanie, Rou-mains et Székely, et qu’ils ont conservée jusqu’à nos jours par leursécoles. Aussi devinrent-ils sans peine la population bourgeoise de la con-trée et la différence de caste vint s’ajouter aux différences de langue etd’origine pour les maintenir en communautés distinctes. Ils sont restésfermement groupés en une petite Allemagne à cette extrémité reculée del’empire, et la bureaucratie autrichienne a pu se recruter parmi euxd’employés dociles. On dit que depuis Sadoxva les Allemands transylvainsont agrandi leurs ambitions patriotiques et que Berlin , plus encore queVienne, est la ville dans laquelle ils voient leur métropole. Quoi qu’il ensoit, leur influence politique ne peut plus être aussi considérable qu’ellele fut jadis. Autour d’eux, Magyars et Roumains ont gagné eu civilisation,en richesse et en nombre, tandis que les Saxons, chez lesquels les mariagesconsanguins sont relativement très-nombreux, augmentent faiblement, oumême diminuent : la mortalité serait plus forte chez eux que chez leursvoisins 2 . On dit que, pour éviter le morcellement de leur domaine, lesfamilles allemandes de la Transylvanie cherchent prudemment à limiter àdeux ou trois le nombre de leurs enfants, tandis qu’à côté d’eux la proli-fique race des Roumains peuple les villages et, de décade en décade, empiètesur le domaine de ses anciens maîtres germaniques. Les bords de TAluta,de même que plusieurs districts du Burzenland , pays qui furent entière-ment germaniques, passent insensiblement entre les mains des Valaques. Aucentre du pays, ce sont les Magyars qui l’emportent peu à peu. La capitale,Kolozsvar, était jadis une ville allemande, sous le nom de Klausenburg .
C'est un fait très-curieux à étudier, au point de vue de la psychologie desraces, que le changement graduel des nationalités. Ainsi, dans la Hongrie du Nord, les Allemands, quoique voisins du gros de la population germa-