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Livre III. L'Europe Centrale.
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FRONTIÈRES I)E I.’ALLE MAGNE.

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Allemands proprement (lits ont eu un grand rôle, se sont laits par les fron-tières de terre : c'est dans la région des Alpes, du Rhin, de l'Oder , de laYislule, du Danube , qu'ont eu lieu toutes ces alternatives de batailles, decomplètes, de migrations <pfa déterminées la lutte incessante, tantôt paci-iique, tantôt guerrière, des Allemands et de leurs voisins, les Slaves, les Ita-liens , les Gaulois latinisés. Ces déplacements continuels des populations ger-maniques étaient d’autant plus faciles, que l'Allemagne n’a point de fron-tières géographiques, si ce n’est du côté de l’Italie . A l’est, ses plaines vont seconfondre avec les immenses étendues de la Slavie polonaiseet russe; à l’ouest,divers petits massifs de montagnes et les terres noyées des abords de la Hol-lande constituent pour ainsi dire des fragments de limites naturelles; maisde tout temps il a été facile de tourner ces obstacles, et de nombreuses popu-lations de souche germanique les ont dépassées. C’est ainsi que les Flamands ,dont l’origine ludesque est incontestablement [tins pure que celle des Autri-chiens de Vienne et des Prussiens de Berlin , se sont avancés, le long des côtesde la mer du Nord, jusque dans l’intérieur de la France , aux collines duboulonnais. Vers l’orient, d’autres Germains, suivant les eûtes de la Bal-tique , ont pénétré au loin dans une contrée qui fait aujourd’hui _ ' de

l’empire russe , tandis qu’au sud-est d’autres colonies germaniques occupent,au milieu des Roumains et des Magyars, une partie des plateaux transyl-vains. L’histoire raconte comment, du côté de l’orient, les populationsslaves et allemandes se sont trouvées sans cesse aux prises, déplaçant desiècle en siècle leur frontière commune, suivant le résultat des guerres etde la pression réciproque. Seulement, le rempart continu des monts de laBohème, l’une des rares limites naturelles de l'Europe centrale , a préservéles Tchèques d’une transformation ethnologique : sans la Sumava , les montsdes Métaux et les Sudètes, les Bohèmes se diraient et se croiraient Alle-mands , comme des millions de leurs frères de race, en Prusse et enAutriche .

Ainsi, le domaine de la race germanique est, sur une grande partie deses contours, dépourvu de frontières précises et, quelles (pie soient leslimites politiques fixées par les traités, il est en maints endroits difficilede dire où commence la véritable Allemagne : émigrations armées, invasionsdu dehors, guerres soudaines, lentes poussées de peuple à peuple, ontrendu la ligne de séparation incertaine et flottante. Mais, par un singu-lier contraste, l’intérieur de la contrée est divisé, par de petits massifs demontagnes, en bassins partiels assez distincts les uns des autres et commedisposés d’avance pour recevoir des populations séparées. C’est principa-lement au nord de la vallée du Main, de l’angle occidental de la Bohème au