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Livre III. L'Europe Centrale.
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N O U V KI. L K G E O G It.UMll G IIXIV E R S K1.1. E

Bavarois, les Souabes du ’Würlleinhcrg, 1rs Badois parlent leurs patois dis-limls, de même que dans l'Allemagne médiane les Franconiens et lesIlessois, les Tlmringiens et les Saxons, mais ils se servent comme eux du« liant-allemand » dans le langage écrit. Les populations de la BasseAllemagne, donl les dialectes, xvestphalien, liolsleinois, mccklembourgeois,brandebourgeois, prussien , se rapprochent plus du hollandais et du flamandque de l'allemand littéraire, n’en ont pas moins accepté celui-ci commemodèle du lion langage, et leur idiome se transforme : il n’en restera quel’accent, qui lui-même va s’effaçant peu à peu. L’ensemble de ces dialectesdu Nord, compris sous la dénomination générale de plalt-deutsch, c’est-à-dire« allemand du plat pays», se distingue du haut-allemand par la suppressionde toutes les finales sourdes et par la permutation régulière de certainesconsonnes, conformément à la « loi de Grinnn » ; mais les voyelles diffèrentsingulièrement dans tous ces patois 1 . Le platt-dcutsrh, fort riche en ancienspoèmes, en chants populaires, est supérieur à l’allemand littéraire par lavigueur de l’expression et l’abondance des mots; mais dès (pie l’idiomethuringien saxonisé, qui est devenu le haut-allemand, l’eut emporté commelangue écrite, la langue du plat pays était condamnée : unie en un seulpeuple depuis le dixième siècle sous le nom de Deulsrh, la nation tendaitnaturellement à n’avoir plus qu’une seule langue, à fondre tous les dia-lectes en un seul. Dès le milieu du dix-septième siècle, le platt-deutsch avaitcessé d’èlre employé par d’autres littérateurs que les poètes et les satiristes;maintenant on ne le parle même plus dans les villes, si ce n’est dans lesvieilles cités libres de la Hanse : peut-être dix millions d’hommes, quid’ailleurs se servent aussi du haut-allemand, le connaissent-ils encore.

Actuellement on peut évaluer à plus de 55 millions d’hommes tousceux, de race germanique, slave ou magyare , qui parlent ou comprennentl’allemand dans l’Europe centrale : en y ajoutant les Israélites de la Pologne et de la Russie, les étrangers instruits qui ont étudié la langue de Goethe et de Schiller, et les familles de colons germains établis dans les deuxAmériques et en Australie , il est certain que le domaine de la langueallemande s’étend sur près de 05 millions d’hommes. Ainsi, par lenombre des individus (pii le parlent, aussi bien que par le rôle de la nationdans l’histoire et son inlluencc actuelle dans les destinées du monde, l’alle-mand est devenu l’une des langues dirigeantes de la pensée humaine.

Grâce à ce parler commun, qui donnait une même vie intellectuelle etnationale à tous les habitants de la contrée, des Alpes à la Baltique , l’unité

1 Gustnv Dannrltl, U cher niederdeulsche Sprache und Lileralur.