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Livre III. L'Europe Centrale.
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LA N (il'K ET DIALECTES DE L'ALLEMAGNE .

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(Unit déjà lui le depuis longtemps dans les esprits quand elle a pris forme,en constitution i ” ■. Elle s’est aoeoinplie par la pression du peuple

beaucoup plus <pie par la volonté des gouvernants : les effets de la centrali-sation vont eu une. part beaucoup moindre qu’en France . Il y a certaine-ment plus de ressemblance pour les mœurs et les idées entre les Frisons etles Bavarois, entre les Prussiens et les Souabes qu’il n’y en a entre les Bre-tons et les Provençaux, entre les Basques et les Normands. Toutefois lesdiversités de caractères sont grandes encore et l’on aime à les observer avantque le rouleau compresseur de la civilisation moderne ne les ait effacées.Le doux et souple Autrichien, le Souabe naïf et tenace, le subtil Ilessois,l’intelligent Saxon, le sérieux Prussien, le Frison fier de son antiqueindépendance, présentent en«ore bien des différences de mœurs et de géniequi rappellent les anciennes individualités provinciales.

Parmi toutes ces populations de race germanique plus ou moins pure,quelle est celle que l’on peut considérer comme indiquant dans sa moyennele véritable centre de gravité de la nation? Les Prussiens sont devenus pré-pondérants en ^ , grâce à la situation géographique de leur domaine

et à la force de cohésion que leur ont donnée de solides armées de fonction-naires et de soldats; néanmoins il ne faut point voir en eux les meilleursreprésentants de la race : c’est parmi les habitants de l’Allemagne moyennequ’on doit les chercher, en Tlniringe, en Franconie , sur les bords duBliin, dans la Souabe , ce pays si remarquable par sa fécondité en hommesde génie. Pour les Français , le nom des Alamannes, dont les descendantsvivent en si grand nombre dans le sud-ouest de la Germanie, est devenucelui de tous les Germains; de même dans tout l’Orient slave, les Alle-mands sont confondus, quelle que soit leur provenance, sous le nom deSouabes ( Sclnvaben ). Or Souabes et Allemands , plus ou moins mélangés avecles nations voisines, sont précisément de même origine. A l’Orient commeà l’Occident , on a vu en eux les représentants de tous leurs compatriotes.

Il serait puéril de suivre les écrivains dans leurs diverses appréciationssur le génie propre et la valeur morale de la nation allemande. Il n’est pasde peuple que l'on ait élevé plus haut, il n’eu est pas (pie ses enfants eux-mêmes aient plus abaissé. Les mêmes hommes qui livrent au ridicule lavanité de la « grande nation » proclament leur propre race comme une sorted'humanité supérieure, dépositaire de toutes les vertus, représentant tout cequ’il y a de grand et de noble dans le monde; elle seule, d’après Carus, sau-rait penser et « suivre la marche de la lumière d’idée en idée ». Par uneinconsciente vanité, quelques auteurs ont même propagé l’habitude d’op-poser le mot de Dculsch (Allemand ), synonyme de tout ce qui est pur et vrai,