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Livre III. L'Europe Centrale.
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.NOUVELLE CKOGIlAl'HIE UNIVEKSELLE.

aux mois « Français » on « Welclie», résumant d’après eux lonl ce <jni estvicieux et faux. D’autre part, les invectives contre la nation germanique dansson ensemble ne manquent pas dans la littérature allemande, et des ennemis,entraînés par la passion de la liai ne, n’ont qu’à prendre dans cet arsenal lesarmes dont ils ont besoin. Sans doute il est facile de porter un jugementsévère sur un peuple, quel qu’il soit, quand on l’étudie dans ses relationsd’intérêts, dans ses passions et ses plaisirs, mais il est plus équitable de lejuger en prenant comme types du caractère national les hommes qui saventéchapper à la médiocrité du milieu pour développer leur force native etrévéler en eux les vertus restées latentes chez leurs voisins. 11 est certainqu’en se plaçant à ce point de vue, on doit accorder au peuple allemand unsens profond de la nature, un rare instinct poétique, une grande force devolonté, une singulière persévérance, un dévouement naïf et sincère à lacause embrassée. Mais il se laisse facilement entraîner vers les extrêmes :son amour peut se changer en mysticisme, le sentiment devenir chez luisensiblerie, la politesse se transformer en règles d’étiquette, la joie devivre dégénérer en arrogance, la colère s’amasser en fureur, le ressenti-ment se perpétuer eu rancune. Avec toute sa volonté, sa ténacité, sa force,l'Allemand a moins de personnalité que le Français, l’Italien ou l’Anglais ;il se laisse plus facilement influencer par les mouvements d’opinion etles alternatives des événements; il aime à se mouvoir par grandes masses,il se plaît à suivre la méthode, même dans les folies, et la disciplinelui est facile. En aucun pays du monde le devoir n’est aussi fréquemment

confondu avec la consigne.

Dans l'histoire du monde, le rôle de l’Allemagne est un des plus grands.Entrés en barbares au milieu des peuples policés, ils ont commencé pardétruire eu barbares et par couvrir de ruines l’Europe de l'Occident et duMidi ; mais dès que la civilisation eut repris sa marche progressive, ils eurentune large part à ses conquêtes. Grâce à leurs rapports continuels avec l’Italie ,grâce aussi à l’autonomie que plusieurs d’entre elles avaient pu conquérir,un grand nombre de cités allemandes étaient devenues fort importantespour le travail et l’étude. A la veille de la Renaissance, les villes de bourgeoiset d’artisans formaient autant de ré ’ ” ^ es distinctes au milieu du grandempire féodal, et le lien du commerce les unissait eu une puissante fédéra-tion : c’était alors l'époque de leur grande prospérité. Les cités germaniques,où tant de monuments, tant d’édilices privés rappellent l’ancienne richesse,rivalisaient d’influence avec celles de l’Italie et des Flandres : chacune avaitune industrie spéciale qui faisait sa gloire. Augsbourg avait ses précieusesétoffes, Nürnberg travaillait les métaux et fabriquait tous les objets qui