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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

dans le 4Yürttemberg, elle se serait abaissée en 164! an septième de ci'qu’elle était en 1654, sept ans auparavant; de 545,000, elle serait descen-due à 48,000 personnes. La contrée reprenait de nouveau l’aspect qu'elledevait présenter aux temps de la grande foret hercynienne. Les mœursavaient pris un caractère d’effroyable sauvagerie : la vie de l'homme n’avaitplus aucune valeur, les plus cruels massacres étaient devenus des passe-temps.

Après ces atroces guerres religieuses, le pays, appauvri de toutes les ma-nières, n’avait plus qu’un petit nombre d’hommes grands par l’intelligence :il était comme décapité. La vie semblait s’ètre retirée de l'immense corps.Lorsque l’Allemagne eut échappé, par la paix de AVestplialie, aux guerresciviles qui la déchiraient, elle ne comptait plus que bien peu en Europe . Lespetits souverains qui se l’étaient partagée et dont chacun avait pris pourdevise le mol de Louis XIV : « L’État c’est moi! » traitaient leur peuplecomme du gibier. La plupart d’entre eux finirent par se mettre aux gages dela France cl de l’Angleterre; ils en recevaient des subsides réguliers pourleurs bas services de trahisons et d’intrigues. Quelques souverains, émulesdes cantons suisses , en étaient même venus à l’heureuse idée de vendreleurs sujets. Lorsque les colonies américaines se détachèrent de la mère-patrie, l’Angleterre s’adressa aux princes d’Allemagne pour leur acheterdes soldats, et ceux-ci saisirent avec empressement celle bonne occasiond’accroître leurs revenus. L’électeur de Ilesse-Cassel est le prince que cesventes d’hommes ont rendu le plus fameux; mais les souverains de liruns-vvick, du Hanovre , d’autres encore, firent aussi des bénéfices considérablespar l’exportation de leurs denrées humaines 1 . C’est à l’époque où l’Alle-magne commençait à reprendre son rôle dans le monde de la science et del’art qu’elle se trouvait dans l’état politique le plus vil.

Un pareil régime ne pouvait durer longtemps : tous ces petits Etats sé-parés étaient condamnés à périr et près d’eux se développait la puissancemilitaire de la Prusse, qui devait un jour recueillir leur succession. Lors dela grande secousse que la Révolution française donna au monde, toute l’an-cienne et lourde machine de l’Empire allemand avec ses rouages deprincipautés bizarrement enchevêtrées se détraqua pour toujours ; en vainvoulut-on la remettre en marche : les divers Etats de la Confédération ger-manique n’avaient plus qu’une apparence de vie autonome, ils n’élaienlqu’un territoire débattu entre l’Autriche et la Prusse, et d’avance la nation,qui s’était réveillée de sa longue torpeur, en avait fait de simples provinces

* Prix île vente îles Allemands à l’Anglelerre, de 1775 à 1783 : Ilesse-Cassel, 05,000,000 fr.autres Étals, 65,105,000 fr.; total, 128,105,500 fr.