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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
tiaue jusqu’à Bonn ; puis, coulant dans une grande plaine alluviale qui futun golfe de l’Océan aux temps géologiques, il descend à la mer par unepente insensible pour se ramifier en plusieurs bras, dont le principal reçoitla Meuse . Ainsi divisé en parties très-distinctes par l’allure des eaux et l’aspectgénéral de la contrée riveraine, le Rliin présente parmi les fleuves un carac-tère original : tandis que tout cours d’eau normal, arrivé à la fin de son œuvregéologique, décrit de sa naissance à sa disparition dans la mer une courberégulière, le Rhin descend par étages successifs ayant une déclivité différente;il se compose, pour ainsi dire, de plusieurs rivières qui sc continuent, maisgardent encore les traces de leur ancienne indépendance. Les géographesallemands, et à leur tète le grand Cari Ritter, voient quelque chose « d’hé-roïque » dans cette marche inégale mais triomphante du Rhin , à traversplaines et montagnes, des glaciers de la Suisse aux sables de la Hollande.
On n’a point de preuves que la grande plaine lacustre du Rhin moyen,entre Bâle et Bingen , ait été jamais occupée par un glacier : on n’y aretrouvé les traces de l’immense fleuve glacé qui s’épanchait au nord desAlpes suisses sur les plateaux de la Souabe , et les hauteurs du Niedenvaldet du Tauuus, qui bornent au nord la plaine fluviale, n’ont en aucun en-droit des blocs erratiques ou des restes de moraines'. Mais si les glacesn’emplissaient pas rénorme cavité, longue de 270 kilomètres et large de50 kilomètres en moyenne, ce n’en est pas moins à l’œuvre indirecte desglaciers que sont dus tous les débris, graviers et cailloux, dont l’ancien laca été comblé. Tous ces dépôts, qui couvrent un espace de 800,000 hectaressur une profondeur inconnue, ont. été apportés par les courants glaciaires.La niasse principale de ce remblai de comblement se compose de maté-riaux provenant des Alpes et du Jura suisse ; à droite et à gauche, elle estrevêtue en partie de nappes de galets provenant des Vosges et de la Forêt-Noire; enfin une couche de ces boues antiques appelées lehm ou loess etformées d’un mélange variable de sable très-fin, d’argile, de carbonate dechaux, a recouvert en plusieurs endroits les terrasses latérales de lavallée jusqu’à plus de 100 mètres et même k" 170 mètres au-dessus duniveau actuel du Rhin . L’épaisseur du loess est sur quelques points deG0 à 80 mètres et dans sa profondeur on trouve çà et là des ossementsde mammifères, principalement d’éléphants, de rhinocéros, de bœufs, dechevaux, de cerfs, que les tourbillons du courant ont déposés jadis sur lesbancs de gravier. D’innombrables coquilles terrestres, identiques à cellesqui vivent aujourd’hui dans les régions froides et humides des pays du nord,
Ranisav, Physical hisiory of lhe Rhine, Royal Institution, 27 march 1874.