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Livre III. L'Europe Centrale.
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VIGNOBLES I)U RHIN, MOSELLE .

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goût. Le vin du Khin, quelle que soit du reste sa valeur réelle parmi lesgrands crus, est certainement celui de tous qui a été le plus chanté : innom-brables sont les poëmes qui le célèbrent. C’est l’uu des principaux motifsde la poésie germanique, et, comparées à ce Ilot de vers, combien dis-crètes sont les quelques belles chansons inspirées par les vins exquis duBordelais, du Roussillon, de, la bourgogne! Les auteurs allemands qui par-lent en prose des vins de leur pays se laissent entraîner à des enthou-siasmes qui nous étonnent. « Les vins français , italiens, espagnols sont desboissons sans pensée, dit Wilhelm buclmer ; on les boit parce qu’ils ont bongoût, mais en buvant le vin du Rhin, on pense». D'ailleurs, « l’Allemand seul sait boire le vin '. »

De bingen à Lalmstein, dans la partie la plus étroite et la plus régulièredu défilé rhénan, le fleuve ne reçoit qu’un seul ruisseau considérable, laWisper, connue par ses brises alternantes, qui se succèdent avec un véritablerhvthme, descendant le matin de la vallée latérale vers le Rhin et remon-tant le soir vers les hauteurs. A peu de distance en aval du confluent de larivière Labn, qui prend sa source, (buis les montagnes de la Hesse , la valléeprincipale s’élargit et le Rhin reçoit, la Moselle , dont les méandres viennentde, contourner des coteaux aux vignobles fameux. Les courbes de la rivièresont tellement nombreuses, elles allongent tant le parcours des bateliers,que la Moselle n’a pu guère servir de voie commerciale ; avant l’ouverturedu chemin de fer, c’était par les roules des hauteurs, bien plus que parcelles de la rive, que se faisaient la plupart des transports. La rivière dé-coupe la contrée en tant de zones transversales, que le contraste des cli-mats et des cultures cesse d’exister entre, les deux bords; la plupart desdomaines de la vallée s’étendent sur les deux versants opposés 1 2 .

Quoique leurs bouches ne s’ouvrent pas en face l’une de l’autre, Labn etMoselle peuvent être considérées comme parcourant chacune la moitié d’unedépression transversale au Rhin et parallèle à l'axe général des montagnes.De même, en amont du défilé, le lit de la Nahe continue au sud-cmesl le plis-sement formé à l’est et au nord-est par le cours du Rhin et par la partieinférieure du Main, son aflluent. On a souvent signalé, depuis Cari Ritter,ces confluents à angle droit du Rhin et de ses tributaires comme une sortede témoignage mystique en faveur de la noblesse du ileuve parmi les autrescourants d’Europe . « Si l’on redresse par la pensée debout sur le sol l’im-mense silhouette géomélrale du Ileuve, le Rhin apparaît'portant toutes ses

1 Der Rhcin, der Deutschen Liehlingsslrom, Wissenschaftliche Yortrage, herausgegcben von RudVirchow uml Fr. von lloltzendorff.

2 J.-G. Kohl, Der Rhein, P" Band, 87.