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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

ceux qui peuvent le moins prétendre soit à la beauté du visage, soit à lagrâce de la démarche ou à la politesse des manières. Ils en conviennenteux-mêmes volontiers : « Oue nous soyons de vrais rustauds, on le saitdepuis longtemps, » dit une de leurs chansons ci Léo par Steub. Les statis-tiques faites dans les écoles constatent (pue, dans les régions septentrionalesde la Bavière , les enfants ont pour la plupart les cheveux blonds et. lesyeux bleus, tandis que sur les bords du Danube et dans les districts dul.ccli et de l’isar ce sont au contraire les types bruns qui l’emportent 1 .

Dans les limites de la Bavière, l’allemand est la seule langue usitée, carc’est au neuvième siècle que l’idiome roman, analogue au « ladin » duTirol, cessa d’être en usage dans les liantes vallées des torrents bavarois.Mais le dialecte parlé dans la plus grande partie de la contrée diffère nota-blement du haut-allemand, de même que du langage alamannique de laSouabe, de la Suisse, de l’Alsace et du pays de Bade . Le bavarois, qui estaussi le dialecte de l'Autriche proprement dite et qui se parle jusque dansl’intérieur de la Hongrie, est inférieur à l’allemand littéraire en richesseet en flexibilité; le cas du génitif, des temps du verbe, des pronoms, desprépositions et des conjonctions lui font défaut, et par suite la phrase asouvent une tournure presque barbare. Le patois bavarois se distingue sur-tout du haut-allemand par l’expression indécise des voyelles, prononcées demanière à se terminer vaguement par un a; ou, o, e, i se changent en oua,oa , eci, ia ; les consonnes liquides, /, n, r, ne s’entendent qu’à demi dansle langage : d’ordinaire même il faut les deviner; enfin un grand nombre desyllabes, surtout celles des terminaisons el, eu, er, sont complètement sup-primées 2 . Les principales différences du bavarois et du haut-allemand sem-blent indiquer, on le voit, une sorte de paresse chez l’Allemand du Sud; ilne prononce point les mots avec la même netteté que le Germain du Nordet même en « avale » une partie. Vers l’ouest, la transition est assezbrusque entre le bavarois cl le souabe , et répond à peu jtrès à la frontièreadministrative indiquée par l’Jller; mais au nord le passage se fait pardegrés : dans le district de Batisbonne, puis en Franconie , le langagedevient de moins en moins traînant, les voyelles sont plus précises, les con-sonnes plus nettement prononcées, et, vers la frontière de Saxe , le patois serapproche déjà beaucoup du haut-allemand.

D’ailleurs la bonne langue littéraire est chaque année mieux comprise enBavière, quoique ce pays soit, de toute l’Allemagne , celui qui est le plusrecouvert de la teinte noire de l’ignorance, celui où la moyenne des études

1 Mayer, Scchste Yersammluny der deutschen Anlhrnpologen, 1875.

- Seb. Mutzl. Bayerische Mundarl, Bavaria , f I, p. 5il.