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pour centre de leur puissance dans le haut Danube. Charlemagne en fitaussi un des boulevards de son empire, et de toutes les grandes citésallemandes elle est celle où les empereurs résidèrent le plus fréquem-ment. Dès l'an 887, Ratisbonne était, suivant un abbé de Reims , « unlieu de rendez-vous pour les négociants et les fabricants, un entrepôt d’oret d’argent, de toile et d’écarlate, un port où abondaient et d’où par-taient sans cesse les navires 1 ». Au temps des croisades, les bateliers deRatisbonne étaient les principaux agents du transport vers l’Orient ; ilsavaient sur la voie du Danube le môme rôle que les marins de Gênes et deVenise sur la Méditerranée. Grâce à son commerce immense, Ratisbonne était devenue la plus riche cité de l’Allemagne . Ses négociants avaient desrelations directes avec tous les marchés de l’Europe, de Gand à Moscou et à Constantinople ; ils possédaient des factoreries jusque dans l’AsieMineure. Un consul itinérant accompagnait leurs doitilles le long duDanube, à Vienne, à Pest, à Belgrade , veillant au maintien des traités decommerce et à la rigoureuse observation des marchés. Mais la jalousie deVienne et des autres cités riveraines du Danube , les vexations de touteespèce, et principalement les incursions des musulmans, qui fermèrent àl’Orient les avenues du Danube et de la mer Noire , finirent par enlever àRatisbonne le monopole du commerce danubien. Dès le commencement duquatorzième siècle, la vie se retirait de cette ville. A cette époque, Venise etles autres républiques italiennes étaient dans leur période de grande pros-périté, et, situées sur la mer, elles pouvaient servir d’intermédiaires entrel’Orient et l’Occident bien mieux que la cité allemande , perdue au milieudu continent. Les événements militaires qui se sont accomplis autour de Ratis-bonne , si importante au point de vue stratégique, expliquent aussi en partiela décadence de cette ville ; elle eut notamment beaucoup à souffrir en 1809,après la bataille d’Eckmühl\ pendant la retraite des Autrichiens. Néanmoinson s’étonne qu’une ville si admirablement située, et qui fut pendant unsiècle et demi, de 1005 à 1805,1e siège de la diète d’empire, n’occupe plusun des premiers rangs parmi les cités de l’Allemagne . Si la position tout àfait centrale de Ratisbonne avait été choisie pour la capitale de la Bavière ,il est probable que le rôle de la contrée tout entière aurait été plus consi-dérable dans l’histoire. Don Juan d’Autriche, le vainqueur de Lépante , estné à Ratisbonne ; Kepler y est mort.
Vue surtout de l’une ou de l’autre des deux îles du Danube ou du grandpont de pierre du douzième siècle qui réunit la ville à son faubourg de la
1 Voir J.-G Kohl, Die Donau.
ni.
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