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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

dans la population allemande el perdaient leur langage, ils se maintenaientsur la rive gauche de l’Elbe, dans tout le district du Hanovre qu’arrose leJeetze et qui reste connu sous le nom de Wemlland ou « Pays des Wendes ».Encore au commencement du siècle, la langue slave était parlée par le plusgrand nombre des familles, et de nos jours plus d’un millier de mots, in-compréhensibles aux. Allemands du voisinage, sont restés dans l’idiome lo-cal. Cette persistance extraordinaire de la langue xvende dans un milieu siéloigné du gros de la race s’explique par la configuration de la contrée. Al’ouest et au nord, les landes de Lüneburg limitaient le pays des W'endes etformaient une barrière presque infranchissable aux colons allemands. Ausud et à l’est, les marais el les lacs de l’Allmark étaient une autre barrièrenon moins difficile à traverser. Le pays tout entier était donc plus isolé ques’il eût été entouré de rivières ou de bras de mer navigables : les habitantspouvaient y maintenir leur langue et leurs mœurs connue s’ils eussent vécudans une île de l’Océan. Malheureusement, leur domaine était trop étroit ;ils étaient eux-mêmes trop peu nombreux pour qu’il leur fut possiblede sauvegarder leur indépendance : asservis par des seigneurs, ils eu-rent à subir toutes les indignités que la race victorieuse inflige tou-jours à la race vaincue ; tout droit de bourgeoisie leur fut interdit pen-dant longtemps, et c’est à la lin du dix-septième siècle seulement qu’onvoulut bien admettre quelques-uns d’entre eux dans les corporations etdans les guildes.

D’autres populations vivant à l’état de tribus se sont aussi longtempsmaintenues dans les endroits les plus écartés des marais el les régions lesplus infertiles du geest. Ainsi des Tsiganes campaient encore récemment aumilieu des dunes du llümmling, à l’est de l’Ems. A côté d’eux vivaientd’autres bandes errantes, d’origine allemande, que l’on dit avoir été desfugitifs des contrées dévastées pendant la guerre de Trente Ans, et que l’ondésignait sous le nom de Scheerenschleifer (Aiguiseurs de ciseaux). Unehaine implacable divisait les deux peuplades « maudites », et quand ellesse rencontraient, elles ne manquaient pas de se livrer bataille ; blessés etprisonniers étaient effroyablement mutilés : les vainqueurs leur coupaientles tendons des pieds et des jarrets. A la lin, les « battues » des paysans ré-duisirent les malheureux des deux races à prendre des domiciles fixes, elmaintenant on n’en voit plus de traces 1 . Les hommes de race brune quivivent dans le pays de Meppen , au milieu des populations blondes, doiventêtre considérés aussi comme les descendants d’une peuplade isolée 2 .

* J G. Kohl, Der Hiimmling, lïordwestdeutsche Sliizzen, 2" r Thcil.

- Rud. Yirclrav, Yenammlung der deutschen iïaturforschern zulena, 1805.