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Livre III. L'Europe Centrale.
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POPULATIONS DU LITTORAL DE LA MER DU NORD .

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Les Frisons du littoral sont, de tous les Allemands, ceux qui se distinguentpar le caractère le plus solide, l’ànie la plus haute. Longtemps restés à l’é-cart du reste de la nation dans leurs îles et leurs marais, souvent aux prisesavec la mer furieuse, vivant sous un âpre climat de bise, d'averses et debrouillards, les Frisons allemands , aussi bien que leurs frères de Hollande,ressemblent par beaucoup de traits aux insulaires de la (irande-Bretagne,dont la langue a du reste tant d’analogie avec la leur; dans le Saterland ,les habitants de quelques villages ne comprennent même pas les Allemandsdes alentours, tandis qu’ils entendent lbrt bien l’idiome des Frisons deHollande. Les hommes ont droit d'être tiers et d’avoir confiance en eux-mêmes, car ils ont fait le sol qui les porte : ils l’ont arraché à la mer oubien l’ont repris après l’avoir perdu ; ils ont changé le marais en terrefertile; ils ont fait naître des moissons là où ne croissaient que les joncs,où s’étendaient les eaux insalubres. Toutes ces conquêtes sont dues à la per-sévérance héréditaire et à la liberté dont ils ont longtemps joui, protégéspar les landes du geest et par les infranchissables marais. Quelques-unesde leurs tribus ont pu résister pendant des générations à des armées entières.Ainsi les Sledinger, qui vivaient sur la rive droite de la Hunte, dans la con-trée où se trouve actuellement Oldenburg, bravèrent pendant trente annéestoute la chrétienté, qui voulait venger sur eux la mort d’un prêtre : il fallutenvoyer contre ces quelques milliers de Frisons une armée de 40,000croisés; mais, plutôt que de céder, ils se laissèrent égorger jusqu’au dernier.Dans toutes les autres parties du littoral, ce fut aussi à grand’peine, etaprès avoir versé bien du sang, que les comtes et les barons des terres voi-sines parvinrent à soumettre les Frisons, mais ils n’ont pu réussir à lesrendre v .niteux de leur servitude. Les descendants des républicains dulittoral gardent le souvenir de l’antique indépendance et répètent avecorgueil la devise de leur blason : Lieicer duecl iis S!av (Mort plutôt qu’es-clave!). Quand ils se rencontrent, ils se parlent encore comme il con-vient à des hommes . Eada , frya Fresena! « Salut, libre Frison 1 ! »

Mais, trop porté peut-être à ne voir que l’utilité matérielle des choses,l’habitant du littoral n’est pas homme à s’attendrir à propos des intérêtsd’autrui. Dur pour lui-même, il l'est souvent pour les autres, et le tempsn’est pas éloigné où il demandait dans scs prières que ses plages fussent« bénies», c’est-à-dire couvertes de vaisseaux rompus et de naufragés.Le Frisonn’a rien de l’artiste : Frisia non contai! disait un ancien proverbe. Hommede raison pratique et de bon sens, il ne perd pas son temps à chanter des

Brse. D:s Grossherzogthum Oldenburg; — Kutzen. Das deutsche Land.